(Edmonton) Le premier ministre Justin Trudeau a critiqué ouvertement le gouvernement de l’Alberta, mardi, parce qu’il n’a pas, selon lui, réagi à la crise des opioïdes sur son territoire avec des moyens qui ont fait leurs preuves ailleurs dans le monde.

Publié le 12 avril
Fakiha Baig La Presse Canadienne

« En tant que gouvernement, nous continuons d’encourager l’aménagement de lieux de consommation sécuritaires », a déclaré M. Trudeau lors de son passage au vieil entrepôt Mercer, où il a fait la promotion du programme budgétaire de son gouvernement libéral qui vise à alléger les règles fiscales encadrant les petites entreprises.

Le gouvernement conservateur uni a mis l’emphase sur des stratégies de réhabilitation. L’accès à des programmes de traitement des dépendances aux opioïdes et à des centres d’injection supervisés est très limité.

« C’est malheureux de voir que l’Alberta a choisi l’autre direction, loin des approches basées sur la science et la réduction des méfaits. Nous savons que les leaders municipaux, comme ici à Edmonton, sont sérieux dans leur volonté d’aider les gens à travers cette terrible tragédie.

Sur Twitter, l’attaché de presse du ministre adjoint à la Santé mentale et aux Dépendances Mike Ellis a fait référence à un autre message portant sur le commentaire de Justin Trudeau en qualifiant sa remarque de « farce ».

« Les gens peuvent guérir, c’est honteux de ne pas le reconnaître », a écrit Eric Engler.

Lundi, un comité du conseil municipal a voté en faveur de demander à l’administration municipale d’étudier l’hypothèse de décriminaliser la possession simple de drogues illicites et de transmettre des recommandations à ce sujet en début d’année prochaine.

L’an dernier, l’Alberta a connu sa pire année en matière de surdoses de drogue depuis qu’elle a commencé à recueillir des données sur cette problématique en 2016. Les données du gouvernement indiquent que 171 personnes sont décédées en novembre et 178 autres en décembre, ce qui représente les pires mois jamais observés. Au total, 1758 personnes sont mortes d’une surdose en Alberta en 2021.

Petites entreprises

Plus tôt mardi, Justin Trudeau a serré la main des entrepreneurs dont les bureaux sont installés dans le vieil entrepôt réaménagé. Plusieurs jeunes pousses ont établi leurs quartiers dans cet incubateur d’Edmonton.

En discutant avec ces entrepreneurs, le premier ministre a tenu à expliquer l’objectif de son gouvernement de réduire le niveau d’imposition des petites entreprises. Une récente annonce d’un milliard de dollars a pour but de créer une agence fédérale indépendante de l’innovation et de l’investissement.

« Le Canada compte certains des meilleurs scientifiques, penseurs, entrepreneurs et innovateurs du monde, a déclaré M. Trudeau. Mais afin d’amener ces grandes idées sur le marché et d’aider les entreprises à croître, ils ont besoin de soutien pour la recherche, le développement et surtout la commercialisation. »

Le plan d’Ottawa permettrait aux entreprises de bénéficier plus longtemps des faibles taux d’imposition pour les petites entreprises jusqu’à ce que leur capital imposable atteigne 50 millions. Une hausse majeure par rapport à la limite précédente de 15 millions.

Au cours de sa visite, accompagné du député de la région de Calgary George Chahal, M. Trudeau a également rencontré des membres des communautés ukrainienne et afghane, en plus de se rendre dans un laboratoire des solutions fondées sur la nature afin de mettre en valeur les investissements du gouvernement dans les technologies vertes.

Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Meta et La Presse Canadienne pour les nouvelles.