(Québec) Le refus de la Ville de Montréal de rendre hommage au père de la loi 101, Camille Laurin, « n’a aucun sens » et constitue un dérapage, selon Paul St-Pierre Plamondon.

Patrice Bergeron
La Presse Canadienne

Le chef du Parti québécois a vigoureusement condamné dimanche l’administration de la mairesse Valérie Plante qui a bloqué le projet de nommer une avenue piétonnière en l’honneur de l’ancien ministre du Parti québécois (PQ).

Le projet était piloté par l’arrondissement d’Outremont et la Société d’histoire d’Outremont.

Ils souhaitaient baptiser du nom de Camille Laurin une allée sur le campus des sciences de l’Université de Montréal.

Car, outre le fait que ce ministre a fait adopter la Charte de la langue française en 1977, il a résidé à Outremont et été directeur du département de psychiatrie de l’Université de Montréal.

Le bureau de la mairesse a indiqué que la proposition a été refusée parce qu’elle ne permet pas d’intégrer des femmes et des représentants des minorités culturelles et ethniques, selon ce que rapporte Le Journal de Montréal.

« L’idéologie “woke”, le racialisme est en train de déraper », a dénoncé M. St-Pierre Plamondon, en marge d’un conseil général qui portait d’ailleurs notamment sur l’extension de la loi 101 au réseau collégial.

La contribution de Camille Laurin est « très importante pour le Québec » et il est inadmissible qu’on bloque un projet issu de la communauté pour honorer sa mémoire au nom de critères de diversité, a-t-il plaidé.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon

On n’a pas à empêcher une initiative citoyenne pour quelqu’un comme Camille Laurin en raison de sa couleur de peau, cela n’a aucun sens.

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Camille Laurin a été ministre du gouvernement Lévesque de 1976 à 1984. Il a été réélu député en 1994 avec le gouvernement Parizeau et a quitté la politique en 1998. Il est mort le 11 mars 1999.

Un buste de M. Laurin se trouve au parc de la Francophonie, à Québec, tout près de l’Assemblée nationale. Un buste jumeau se trouve dans le parc adjacent de l’édifice Camille-Laurin, qui abrite l’Office de la langue française à Montréal.