(Ottawa) Les Canadiens pourraient être appelés à exercer leur droit de vote durant deux jours, le samedi et le dimanche – et non un lundi comme c’est le cas habituellement –, si des élections avaient lieu durant une pandémie.

Joël-Denis Bellavance
Joël-Denis Bellavance La Presse

C’est du moins l’une des recommandations que compte formuler le directeur général des élections, Stéphane Perrault, au gouvernement fédéral afin de permettre à Élections Canada de tenir un scrutin national d’une manière sécuritaire dans le contexte de la pandémie de COVID-19.

La tenue d’un scrutin la fin de semaine pourrait faciliter le respect de la distanciation physique par les électeurs et permettre à Élections Canada d’avoir accès à un plus grand nombre de locaux pour voter, peut-on lire dans un document préparé par l’organisme.

Alors que le premier ministre Justin Trudeau a décidé de mettre la survie de son gouvernement libéral minoritaire en jeu en annonçant un discours du Trône le 23 septembre, Élections Canada met depuis quelques semaines les bouchées doubles afin d’être en mesure d’organiser des élections générales au cas où les partis de l’opposition uniraient leurs efforts pour défaire les libéraux aux Communes.

Élections Canada propose donc de « tenir l’élection pendant une fin de semaine (samedi et dimanche) plutôt qu’un lundi pour faciliter la distanciation des électeurs, accéder à un plus grand nombre de lieux de scrutin (des écoles, par exemple) qui ne seraient pas disponibles autrement, et favoriser le recrutement de préposés au scrutin », peut-on lire dans le document.

Pour se préparer, l’organisme a mis sur pied en mai un groupe de travail pour réfléchir à diverses mesures qui devraient être mises en œuvre afin d’assurer un déroulement sécuritaire du scrutin.

« La santé et la sécurité de tous les participants au processus électoral, y compris des électeurs, des milliers de travailleurs électoraux ainsi que des candidats et de leur personnel, sont primordiales. C’est pourquoi Élections Canada évalue ses procédures et sa capacité interne afin de préparer une élection accessible et sécuritaire », affirme-t-on chez Élections Canada.

La Loi électorale du Canada prévoit que le scrutin doit avoir lieu un lundi et que la campagne doit durer un minimum de 36 jours et un maximum de 50 jours.

En cas de deuxième vague, Élections Canada prévoit qu’un nombre plus important d’électeurs pourraient choisir de voter en envoyant leur bulletin de vote par la poste. Il faut donc d’ores et déjà augmenter la capacité actuelle du système de vote par la poste afin de répondre à une augmentation possible de la demande pour ce service. En contrepartie, une hausse du nombre de bulletins de vote envoyés par la poste pourrait retarder la communication des résultats du scrutin.

Selon une étude menée par Élections Canada, la majorité des électeurs voteraient en personne, soit à un bureau de scrutin (29,4 %), soit à un bureau de vote par anticipation (28,6 %). Mais une proportion importante d’électeurs (21,8 %) voterait par la poste.

Cela dit, l’organisme prévoit tout de même acquérir des masques et des crayons à usage unique qui seront mis à la disposition des électeurs au besoin. Les électeurs pourront aussi apporter leur propre masque et leur propre crayon ou stylo pour indiquer le candidat de leur choix.

En outre, Élections Canada prévoit annuler les services de vote sur les campus étant donné que la plupart des collèges et universités offriront principalement leurs cours en ligne l’automne prochain.