(Québec) Le Parti libéral du Québec (PLQ) propose de rouvrir la loi 101 afin d’instaurer « le droit à la gratuité des services d’enseignement du français pour toute personne qui réside au Québec ».  

Tommy Chouinard Tommy Chouinard
La Presse

C’est ce que prévoit un projet de loi déposé mercredi par le député de Jacques-Cartier, Gregory Kelley. Depuis la défaite électorale en 2018 et cette semaine dans Jean-Talon, les libéraux cherchent par tous les moyens à renouer avec la majorité francophone.  

Le gouvernement Legault a montré des signes d’ouverture à la proposition, mercredi.

« Je suis très ouvert [à l’idée] parce que Christohper Skeete a rencontré cette dernière année plusieurs groupes anglophones partout au Québec et la principale suggestion qui revenait sans cesse était d’offrir les cours de français aux anglophones, pas juste aux immigrants. Alors on évalue vraiment cette proposition. C’est logique », a dit François Legault.  

« Je suis ouvert à regarder ça. C’est quelque chose qui était déjà sur mon radar », a aussi réagi le caquiste Christopher Skeete, qui est adjoint parlementaire du premier ministre pour les relations avec les Québécois d’expression anglaise.

« Il est trop tôt pour savoir si je l’appuie », le projet de loi, a-t-il ajouté.  

« Ce que je dis, c’est que les nombreuses consultations qu’on a faites nous ont amenés à un fait réel, [à savoir] que la communauté d’expression anglaise peine à s’intégrer pleinement dans l’expérience québécoise par manque de français. Que ce soit l’apprentissage du français à la vie, que ce soit de donner plus d’avantages pour apprendre le français, tout ça, ce sont des choses qu’on regardait déjà et qui sont soulevées dans notre consultation », a dit M. Skeete.

Il constate que le Québec fait des efforts de francisation auprès des immigrants, mais qu’un anglophone qui aurait « perdu un peu son français » n’a pas accès à des cours.  

« C’est un peu ironique quand on y pense : au Québec, terre de la loi 101, il n’y a pas de cours de français qui sont plus accessibles. C’était quelque chose que j’avais remarqué dès le début. Je suis content de voir que le Parti libéral est d’accord avec ça. »

Simon Jolin-Barrette, ministre responsable de la Charte de la langue française, doit déposer une réforme de la loi 101 en 2020.  

-Avec Hugo Pilon-Larose