(Ottawa) Après s’être présenté comme un défenseur des libertés individuelles, le chef du Parti populaire du Canada (PPC), Maxime Bernier, sème maintenant le doute quant à sa position personnelle sur l’avortement.

Catherine Lévesque
La Presse canadienne

De passage à Québec pour y présenter près d’une dizaine de candidats, l’élu de Beauce a déclaré mardi que son parti n’a « pas de position là-dessus ». Pour sa part, il a refusé de dire devant les journalistes s’il est « pro-vie » ou « pro-choix ».

M. Bernier n’exclut pas un débat sur le droit à l’avortement à la Chambre des communes si l’un de ses futurs députés décide de déposer un projet de loi là-dessus.

En entrevue à LCN, le chef du PPC a martelé que le droit à l’avortement existe et va continuer d’exister.

Il se donne le droit de décider « en temps et lieu » s’il votera pour ou contre un potentiel projet de loi qui viendrait restreindre le droit des femmes à l’avortement.

Par le passé, M. Bernier a voté contre les motions et les projets de loi de ses anciens collègues conservateurs qui auraient donné des droits aux fœtus. Il a aussi déjà participé à de nombreux défilés de la fierté gaie.

Pour ces raisons, la Campaign Life Coalition, un lobby anti-avortement, a signalé M. Bernier comme un candidat qu’elle considère indésirable.

Des gains à Québec ?

Le chef du PPC croit que la région de Québec, qui a voté en majorité pour le Parti conservateur du Canada en 2015, pourrait être un terreau fertile pour son nouveau parti.

C’est à cet endroit qu’il a décidé d’annoncer sa première vague de candidats, huit de la région de Québec et un de l’Est-du-Québec.

Le plus connu du lot reste l’ex-syndicaliste Ken Pereira, qui s’est fait remarquer pour ses révélations lors de la commission Charbonneau. Il sera candidat dans la circonscription de Portneuf–Jacques-Cartier.

Pas de « quotas » féminins

Or, le PPC ne présente qu’une seule femme candidate dans la région de Québec — Alicia Bédard, dans Beauport-Limoilou. Questionné à ce sujet, M. Bernier a répondu qu’il ne s’est pas fixé de « quotas ».

Il soutient que certaines femmes ont « d’autres priorités » que de se lancer en politique, sans mentionner lesquelles.

Par ailleurs, son parti ne fera « pas d’efforts à outrance pour recruter des femmes ou recruter des gens d’autres origines », a-t-il ajouté. Il croit que c’est la compétence qui doit primer avant tout.