Accusé de conduite dangereuse ayant tué trois aînés à Dolbeau-Mistassini, le policier de la Sûreté du Québec (SQ) Maxime Gobeil a été acquitté.

Mis à jour le 19 déc. 2018
STÉPHANIE MARIN LA PRESSE CANADIENNE

Le juge Pierre Simard de la Cour du Québec a rendu son verdict mercredi matin au palais de justice de Roberval. Il a déclaré le policier non coupable des trois chefs d'accusation portés contre lui, soit un par personne décédée.

La collision entre son véhicule et celui dans lequel prenaient place Georges Martel, Louiselle Laroche et Cécile Lalancette s'est produite le 18 juillet 2015. Le véhicule Kia conduit par M. Martel était immobilisé dans une entrée de résidence, attendant pour s'engager sur le boulevard sur lequel circulait le policier de la SQ, quand il a été vu par ce dernier, a-t-il témoigné au procès. M. Martel a entrepris un virage à gauche, et a été frappé par le véhicule policier.

Le policier Gobeil répondait à ce moment à un appel d'urgence pour violence conjugale, et il était à bord d'un véhicule semi-banalisé, roulant avec sirène et gyrophares.

Le juge a conclu que le policier a agi de façon raisonnable, vu la nature de l'appel d'urgence : « il répondait à un appel de priorité 1, le plus haut niveau de priorité pour un corps policier ». Cela requérait que le déplacement se fasse en urgence : Il s'agissait d'une femme et d'un bébé de deux mois qui s'étaient enfermés dans une chambre, et leur vie était menacée, a expliqué au téléphone l'avocate de M. Gobeil, Nadine Touma.

Le juge a aussi retenu de la preuve que des gens se trouvant plus loin que les victimes avaient bien vu le véhicule du policier, a-t-elle ajouté.

De plus, « puisque lui-même pouvait voir le véhicule Kia, Maxime Gobeil avait la certitude d'avoir été vu par le conducteur de ce véhicule. De toute évidence, le défendeur a cru que la Kia lui cédait le passage », est-il écrit dans la décision du juge Simard.

Si le véhicule policier roulait à haute vitesse, cela était nécessaire en raison de la nature de l'appel, résume le magistrat. De plus, la voiture du policier Gobeil était visible, et il n'a pas perdu le contrôle de son véhicule.

Plusieurs collègues de Maxime Gobeil étaient présents dans la salle de cour du palais de justice de Roberval mercredi matin pour le soutenir.

Selon Me Touma, il s'agit d'ailleurs d'un dossier qui aura un impact beaucoup plus large que le seul cas de son client.

« C'est un dossier qui est important pour la communauté policière parce qu'ils ont souvent à se déplacer, surtout la SQ, sur un grand territoire et ils ont souvent à se déplacer d'urgence. D'autres métiers sont touchés par ce jugement : les ambulanciers, les pompiers, qui ont à se déplacer souvent en urgence pour des motifs similaires, soit pour protéger la vie et porter assistance aux citoyens. »