Michael Fidanoglou, un voleur de banque qui avait ouvert le feu sur un client, le rendant paraplégique, et dont le nom avait circulé dans l’enquête sur le meurtre du criminaliste Frank Shoofey, vient d’obtenir le droit d’aller en maison de transition, après avoir passé les 25 dernières années derrière les barreaux.

Publié le 5 juillet
Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse

Surnommé Crazy Mike, Fidanoglou, 59 ans, a été condamné à la prison à perpétuité en 2003 après avoir été reconnu coupable de 25 chefs de vols qualifiés, possession d’arme et tentative de meurtre.

Au cours de l’un de ces vols dans une succursale des caisses Desjardins en avril 1998, Fidanoglou avait ouvert le feu dans le dos d’un client, Claude Mailhot, parce que la caissière avait refusé de remettre au voleur de banque une somme d’environ 3000 $ que M. Mailhot venait de déposer.

M. Mailhot est devenu paraplégique après le crime et il a poursuivi Desjardins au civil pour une somme de 6 millions.

PHOTO ARMAND TROTTIER, ARCHIVES LA PRESSE

Claude Mailhot avait témoigné lors du procès de Michael Fidanoglou au tournant des années 2000.

La police, en particulier le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), a suspecté Fidanoglou d’avoir été impliqué dans au moins trois meurtres, mais n’a jamais été en mesure d’en faire la preuve.

Durant un certain temps, Fidanoglou aurait fait équipe avec un autre voleur de banque, Michael Sarandou, et les noms des deux hommes ont circulé dans l’enquête sur le meurtre du criminaliste Frank Shoofey, commis en 1985, mais ils n’ont jamais été accusés de ce crime. Michael Sarandou a été déclaré délinquant dangereux en 2005 et il est mort de cause naturelle au pénitencier de La Macaza en 2019.

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« Vous n’êtes plus dans le même état d’esprit qu’à l’époque et vous avez fait un sérieux travail sur vous-même. Vous ne valorisez plus la violence… », écrivent les commissaires aux libérations conditionnelles du Canada en acceptant d’envoyer Fidanoglou dans une maison de transition pour un premier test de six mois.

Détenu sans arrêt depuis 1998, c’est la première fois que Fidanoglou, qui a multiplié les démarches devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) au fil des ans, obtient un élargissement.

Il faut souligner qu’après sa seconde peine fédérale, Fidanoglou avait récidivé dès le lendemain de sa libération d’office — après avoir purgé les deux tiers de sa peine – en 1994.

Les commissaires soulignent notamment que Fidanoglou, qui a eu une enfance difficile, a été placé dans plusieurs foyers d’accueil et centres jeunesse durant son adolescence.

Ils évaluent que le délinquant a fait des progrès significatifs depuis le début de sa longue incarcération, qu’il a réussi avec succès des programmes, qu’il est engagé avec motivation dans une démarche thérapeutique et qu’il exprime des regrets sincères pour les victimes, « notamment pour celle confinée à une chaise roulante ». « Vous dites être en mesure de vous mettre à sa place et être conscient des difficultés qu’elle vit encore aujourd’hui », notent les commissaires.

Depuis 2014, Fidanoglou a bénéficié de plus de 200 permissions de sortie avec escorte et de 13 permissions de sortie sans escorte, sans qu’aucun incident n’ait été rapporté.

À sa sortie du pénitencier, Fidanoglou souhaite réintégrer le marché du travail et est ouvert à tous les types d’emploi.

Le délinquant, qui devra refaire son réseau social, selon les commissaires, n’a pas de contacts avec sa famille et ne sait pas si ses parents sont toujours en vie.

Les commissaires, qui demeurent toutefois prudents à l’égard de Fidanoglou, lui imposent des conditions : ne pas communiquer avec une personne impliquée dans des activités criminelles, divulguer à son agent de libération toutes ses transactions financières et ne pas communiquer directement ou indirectement avec M. Mailhot et les membres de sa famille.

« La Commission a senti une motivation réelle et sincère de poursuivre dans la bonne voie. Elle vous met toutefois en garde que ce processus sera de longue haleine et que vous ne devez rien précipiter », préviennent les commissaires.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.