Le quartier Chomedey, à Laval, s’est réveillé sous le choc lundi matin après la mort d’une fillette de 7 ans portant des marques de brûlures, dimanche après-midi. Selon nos informations, les policiers mènent une enquête pour négligence criminelle ayant causé la mort et sont toujours en attente des résultats de l’autopsie.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Au cours de la nuit, six membres de la famille de la fillette ont été interrogés par les enquêteurs, confirme la porte-parole du Service de police de Laval (SPL), Stéphanie Beshara. « Certains ont été questionnés avec des interprètes, car il y avait une barrière linguistique. Les enquêteurs sont en contact avec l’entourage élargi de la victime. »

Les policiers ont également fait la tournée du voisinage en matinée.

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Lundi, la police poursuivait son enquête dans la maison où la fillette a été retrouvée morte.

La victime a été retrouvée gravement blessée dimanche après-midi, puis transportée à l’hôpital. Selon des sources en position d’autorité qui ne sont pas autorisées à s’exprimer publiquement, la mort remonterait à plusieurs heures avant la découverte du corps. Lorsque les ambulanciers sont arrivés sur les lieux, la fillette ne respirait plus et le corps était déjà d’une certaine rigidité.

L’appel au 911 a été fait de l’intérieur du domicile par des membres de la famille proche vers 14 h 30. Sur place, la police a localisé six adultes, tous des résidants de la demeure lavalloise de la rue Le Boutillier. Selon nos sources, plus d’une famille habitait la maison au moment du drame.

Le décès a été constaté à l’hôpital. Nos sources indiquent que la fillette était brûlée au 2e degré sur environ 80 % de son corps. Elle aurait vraisemblablement été arrosée par de l’eau bouillante ou mise dans un bain bouillant.

Selon nos informations, le corps de la fillette affichait également plusieurs contusions et elle avait un bras dans le plâtre. La fillette serait allée à l’hôpital pour recevoir ce plâtre quelques jours avant son décès.

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Lundi matin, quelques personnes en combinaison sont sorties de la demeure où la tragédie est survenue, une maison luxueuse entourée de décorations de Noël.

Selon nos informations, ses parents auraient voulu la soigner eux-mêmes. Les policiers mènent une enquête pour négligence criminelle ayant causé la mort.

La direction de la protection de la jeunesse (DPJ) s’est rendue sur place pour l’évaluation de deux enfants âgés de 5 et 11 ans, frères ou sœurs de la victime. Ils n’étaient pas présents au moment du drame.

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Une douzaine d’enquêteurs sont sur ce dossier aux circonstances nébuleuses.

« Pour l’instant, ça demeure une mort suspecte. Il faudra attendre les résultats de l’autopsie pour déterminer une cause criminelle au décès », a expliqué Mme Beshara en début d’après-midi lundi.

Les résultats de l’autopsie sont attendus au courant de la journée. Une douzaine d’enquêteurs sont sur ce dossier aux circonstances nébuleuses.

« On en est encore à l’étape de comprendre ce qui s’est passé. La famille élargie sera rencontrée. On tentera aussi d’obtenir des détails sur les habitudes de vie de cette petite fille pour déterminer exactement ce qui a pu se produire », poursuit la porte-parole.

Nos sources affirment que l’état de la fillette était tellement épouvantable que le personnel médical qui l’a reçue, les ambulanciers et des policiers qui se sont rendus sur les lieux ont demandé et obtenu un suivi psychologique.

Voisinage secoué

En matinée, quelques personnes en combinaison sont sorties de la demeure où la tragédie est survenue, une maison luxueuse entourée de décorations de Noël.

Je n’aurais jamais pensé que ça arriverait ici, dans notre quartier. Je ne peux pas croire qu’on puisse faire ça à un enfant.

Athena Koutsis, voisine dont la maison fait face au lieu de la tragédie

Il lui est arrivé une fois d’entendre des cris en provenance du domicile où a été retrouvée la petite victime. « Je ne sais pas si ça aurait pu faire la différence ou ce qui se passait, mais je regrette de ne pas avoir appelé la police cette fois-là. »

Le voisinage parle d’une famille discrète, voire recluse.

« Ce sont des voisins très silencieux, qui ne parlent à personne. Selon le peu de contacts qu’on a eus avec eux, ils ne semblaient pas parler français », explique le voisin adjacent.

La fillette n’embarquait plus à bord de l’autobus scolaire depuis un moment, mais son frère, qui fréquentait la même école primaire, continuait de monter à bord du véhicule chaque matin, ont affirmé de nombreux résidants de cette rue tranquille.

La direction de l’école en question a tenu lundi une visioconférence avec ses employés afin de leur offrir le soutien nécessaire, confirme Guy Bellemare, président du syndicat de l’enseignement de la région de Laval.

« C’est épouvantable. Je ne les connais pas, mais avant, la petite prenait l’autobus avec mon garçon, car ils allaient à la même école. Si on avait entendu quoi que ce soit, si on avait su, on aurait fait quelque chose », a laissé tomber une voisine ébranlée.

– Avec Daniel Renaud et Alice Girard-Bossé, La Presse