Sous le feu des critiques dans le dossier d’Eustachio Gallese, la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) écorche le meurtrier de Marylène Lévesque dans sa dernière décision. Les commissaires lui reprochent d’avoir continué de fréquenter des salons de massage et d’avoir « caché » son état mental.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

L’homme de 51 ans a été condamné à la prison à vie en février dernier pour le meurtre au premier degré de Marylène Lévesque, une jeune travailleuse du sexe. L’affaire a fait grand bruit à Québec et dans le reste du pays, puisqu’une agente de libération avait autorisé le meurtrier à fréquenter des salons de massage à des fins sexuelles en mars 2019 – une activité évidemment illégale. Eustachio Gallese venait d’obtenir sa semi-liberté pour le meurtre de sa conjointe en 2004.

Dans une décision rendue publique jeudi, la CLCC a révoqué la semi-liberté du meurtrier. Les commissaires soulignent que Gallese leur a « consciemment caché » son état mental, alors qu’il se savait capable de « reproduire l’irréparable ». Il a également caché sa relation avec la victime à ses intervenants. Cette décision ne change toutefois rien dans les faits en raison de sa nouvelle condamnation pour meurtre.

« Vous saviez pertinemment qu’il vous était interdit de poursuivre la fréquentation de salons de massage, vous avez malgré tout continué de solliciter des services d’une travailleuse du sexe alors que c’était illégal et contreveniez par le fait même à une condition statutaire. Vous avez par la suite assassiné cette personne », écrivent les commissaires.

En septembre dernier, la CLCC avait mis fin à la permission qu’il avait obtenue de son agente de libération de fréquenter des salons de massage érotique. Cette « stratégie » visant à « répondre » à ses « besoins sexuels » avait été jugée « inappropriée » par la CLCC à la réévaluation de son dossier. « Cette stratégie de gestion du risque […] constituait paradoxalement un facteur de risque important et inquiétant », avait conclu la Commission.

Eustachio Gallese a poignardé Marylène Lévesque à une trentaine de reprises le 22 janvier dernier à Québec. Il avait connu la femme de 22 ans en juin 2019, alors qu’il fréquentait des salons de massage. Il avait développé une « connexion » avec cette dernière. Mais il avait senti que sa « relation » se détériorait au fil des mois. Anxieux et jaloux, il a alors élaboré un plan pour la tuer.

Selon son équipe de gestion de cas, la récidive de Eustachio Gallese découle de son « impulsivité considérable ». Il s’agit ainsi de l’aboutissement d’une « désorganisation émotionnelle significative » qui s’est développée « sournoisement » au fil des années.