L’archiviste et diplômé de l’École nationale de l’humour André Gloutnay réclame plus de 700 000 $ à Gilbert Rozon et au groupe Juste pour rire. Il soutient que les allégations d’inconduites sexuelles visant son ancien patron ont mené à son congédiement.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

André Gloutnay a été embauché en 1993 par Gilbert Rozon comme archiviste au Musée Juste pour rire. Lors de la fermeture de l’établissement, en 2004, l’ancien grand patron a « conclu et signé un engagement » avec l’archiviste selon lequel « il lui fournira un emploi permanent à vie ».

Au cours des années qui ont suivi, le diplômé de l’École nationale de l’humour a eu des augmentations salariales, ce qui prouve d’après lui qu’il continuait « d’exercer son emploi à la pleine satisfaction de son employeur ».

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

André Gloutnay (vu ici en 2001) allègue que, comme les sœurs de Gilbert Rozon qui ont aussi été congédiées, il est victime des changements de direction effectués au sein de l’entreprise.

Cependant, le 7 février 2019, le résidant de Saint-Hyacinthe a été rencontré par la nouvelle direction de Juste pour rire afin de lui annoncer qu’il perdait sur-le-champ son emploi. Il a reçu une indemnité compensatrice équivalent à un an de salaire.

Depuis, l’homme de 54 ans souffre de « troubles dépressifs importants » qui l’a même poussé à tenter de se suicider, peut-on lire dans la poursuite déposée à la Cour supérieure, le 31 janvier 2020, mais rendue publique mercredi.

André Gloutnay allègue que, comme les sœurs de Gilbert Rozon qui ont aussi été congédiées, il est victime des changements de direction effectués au sein de l’entreprise. Et ceux-ci découlent du « mouvement #moiaussi » et des « allégations d’inconduites sexuelles visant notamment » l’ancien patron de Juste pour rire.

Une dizaine d’entités de l’empire de l’humour est également visée par la poursuite.

Puisque l’archiviste, qui avait reçu le surnom de « fantôme de l’humour » par ses collègues, souhaitait prendre sa retraite à 65 ans, il demande d’obtenir l’équivalent du salaire qu’il aurait touché pendant 11 ans, soit environ 660 000 $ plus la perte du régime d’assurance et des dommages moraux. Le tout pour un total de 732 000 $.