(Toronto) Un psychiatre a soutenu mardi que l’homme qui a tué 10 personnes en roulant sur les trottoirs de Toronto avec une fourgonnette il y a deux ans ne ressent aucune émotion face à ce qu’il a fait.

Liam Casey
La Presse Canadienne

Appelé à la barre par la défense, le docteur Alexander Westphal a indiqué au tribunal qu’Alek Minassian décrivait cet attentat comme quelqu’un qui parle de tuer des personnages dans un jeu vidéo. Selon ce psychiatre, le concept même de la mort est abstrait pour M. Minassian : le jeune homme a décrit ces vies perdues comme « la conversion de l’état de vie en état de mort ».

Le docteur Westphal est appelé par la défense pour démontrer que l’accusé de 28 ans n’est pas criminellement responsable des actes posés le 23 avril 2018 en raison d’un trouble du spectre de l’autisme.

Alek Minassian a plaidé non coupable à 10 chefs d’accusation de meurtre au premier degré et 16 chefs de tentative de meurtre. Il a admis aux enquêteurs qu’il avait planifié et commis l’attaque au véhicule bélier : son état d’esprit au moment des crimes demeure la seule question en litige au procès devant juge seule.

Le docteur Westphal a soutenu que M. Minassian manquait d’empathie en raison de son trouble du spectre de l’autisme. Pour lui, « c’est aussi abstrait que de tuer des gens dans un jeu vidéo, ce qui est un concept horrible, mais je crois vraiment que c’est ce qu’il pensait », a-t-il déclaré. « Il n’a toujours aucun lien émotionnel avec ce qu’il a fait. »

Le psychiatre a soutenu que M. Minassian ne ressentait ni remords ni regret, mais n’était pas non plus un sadique. « Quand il décrit ce genre de choses, il le fait de la même manière que vous et moi décririons une séance de magasinage », a-t-il dit. « Il est complètement dépourvu de tout contexte émotionnel et de tout sens de l’impact que cela a eu sur d’autres vies. »

La Cour a appris au procès que plus de 90 % des personnes déclarées non criminellement responsables au Canada avaient souffert de psychose.

Or, « dans l’ensemble, nous avons eu l’impression que malgré le fait qu’il n’était pas psychotique, sa façon de penser en tant qu’autiste était gravement déformée de manière semblable à celle d’une psychose », estime le docteur Westphal.