Trois membres d’un réseau d’experts en simulation de collision ont reconnu cette semaine avoir « arrangé » un accident de la route pour aider un client à faire une réclamation d’assurance. Les trois Montréalais évitent toutefois la prison pour ce crime au stratagème inusité.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Wilfrantz Laguerre, 42 ans, Samir Semlali, 38 ans et Florvil Faustin, 48 ans ont plaidé coupable à une accusation de fraude de moins de 5000 $ lundi avant le début de leur enquête préliminaire au palais de justice de Montréal.

MM. Faustin et Laguerre ont été condamnés à six mois moins un jour de détention à domicile, alors que M. Semlali a bénéficié d’une absolution conditionnelle. Un quatrième accusé, Withmann Vilcinor, a été acquitté. La juge Silvie Kovacevich a entériné la suggestion commune de la procureure de la Couronne MCamille Rochon-Lamy et des avocats de la défense.

Les faits admis en cour par les trois hommes sont très brefs. Wilfrantz Laguerre reconnaît avoir « participé à un accident arrangé » en décembre 2015, alors que Samir Semlali admet s’être entendu avec un autre homme pour « faire un accident arrangé » afin que ce dernier fasse une réclamation à ses assurances. Florvil Faustin a reconnu des faits similaires. Il a reçu 1000 $ d’un homme pour arranger un accident de la route.

Une déclaration sous serment d’une enquêteuse de la Sûreté du Québec (SQ) permet toutefois d’en apprendre davantage sur le stratagème des fraudeurs. Selon le document cité par La Presse l’an dernier, une organisation criminelle sévissait « depuis plusieurs années » dans le Grand Montréal en organisant des accidents de la route pour faire de fausses réclamations.

Les dirigeants du réseau ciblaient dans les garages de Montréal-Nord et de Saint-Léonard des clients voulant se débarrasser de leur voiture pour réclamer frauduleusement sa valeur à leur assureur. Certains désiraient aussi obtenir gratuitement des traitements médicaux de la SAAQ en prétextant avoir été victimes d’un accident de la route.

Dans les rues d’un secteur industriel de Montréal, les membres de l’organisation conduisaient eux-mêmes les véhicules pour provoquer une collision en se percutant à basse vitesse. Ils portaient parfois un casque pour se protéger. Pour déclarer comme « perte totale » les voitures, les fraudeurs abîmaient ensuite manuellement les voitures dans un garage. Puis, ils remorquaient les véhicules à un endroit plus plausible et appelaient les services d’urgence.

Ce stratagème permettait au propriétaire du véhicule de déclarer l’accident à l’assureur afin de toucher une indemnité et de se faire rembourser des soins de santé par la SAAQ. Les dirigeants de l’organisation facturaient entre 250 $ et 2500 $ pour le service de simulation, selon le document de la SQ.

- Avec Vincent Larouche, La Presse