Un éducateur en garderie, aussi magicien professionnel, reconnaît avoir agressé sexuellement deux fillettes sous sa garde, il y a deux ans, dans un CPE de Montréal. Charles Cyr profitait de l’heure de la sieste pour commettre ses attouchements sexuels sur les enfants de 4 ans.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Accusé en octobre 2018, l’homme de 35 ans a plaidé coupable à deux chefs d’accusation de contacts sexuels sur un enfant de moins de 16 ans lundi après-midi au palais de justice de Montréal. Il a commis ses crimes entre mars et juin 2018 à Montréal, dans un centre de la petite enfance (CPE).

L’enquête s’amorce à l’été 2018 lorsqu’une fillette de 4 ans confie à sa mère que son éducateur de garderie « Charles » lui a touché les parties génitales. Ses parents communiquent alors avec les parents d’une autre amie de la garderie pour discuter de la situation.

La seconde fillette fait à son tour des confidences similaires à ses parents. Elle soutient que « Charles » lui a déjà touché les « fesses ». Dans son langage enfantin, cela réfère dans les faits à ses parties génitales, explique le procureur de la Couronne, MJérôme Laflamme.

Confronté par les policiers, Charles Cyr avoue « candidement » avoir touché les fillettes sous leurs vêtements à plusieurs reprises. Vers la fin, les attouchements sexuels se déroulaient même tous les jours. Toujours avant ou pendant la période de la sieste des enfants.

Magicien professionnel et éducateur en garderie

Charles Cyr travaillait à titre de remplaçant dans ce CPE qui n’a pas été nommé en cour. Il n’était donc pas un éducateur habituel de la garderie, a précisé le procureur dans le résumé des faits présenté lundi.

Avant de faire face à la justice, Charles Cyr était magicien professionnel depuis une dizaine d’années sous le nom de Charles le Magicien. Son site semble toutefois avoir disparu du web. Notons qu’une entreprise « Charles le magicien » détenue par un Charles Cyr de Granby a été radiée du Registre des entreprises seulement le 12 mars dernier.

Le trentenaire, qui réside maintenant à Granby, n’a aucun antécédent judiciaire. C’est pourquoi la Couronne a demandé la rédaction d’un rapporté présentenciel et d’un rapport psychosexuel. Il est défendu par Me Hélène Poussard. L’affaire se poursuit en février prochain en vue des observations sur la peine.

L’accusé risque une peine d’emprisonnement importante pour son crime. En effet, l’arrêt Friesen de la Cour suprême — passé sous le radar pendant la pandémie — a eu pour effet de durcir considérablement les peines en matière de crimes sexuels visant des enfants. Ainsi, l’infraction de « contacts sexuels » sur un enfant est tout aussi grave que celle d’« agression sexuelle », a tranché le plus haut tribunal du pays.

« Tout contact physique de nature sexuelle entre un adulte et un enfant est intrinsèquement violent et susceptible de causer un préjudice », a écrit la Cour suprême.