L’ancien président de la firme de sécurité BCIA Luigi Coretti, qui a profité d’un arrêt du processus judiciaire il y a trois ans pour des accusations de fraude, poursuit le gouvernement du Québec et les caisses Desjardins pour 9 millions de dollars. Il dénonce la « mauvaise foi » et « l’aveuglement » de la Sûreté du Québec (SQ) et du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Au cœur de nombreuses controverses politiques municipales et provinciales, Luigi Coretti a été accusé en 2012 d’avoir surévalué des comptes de ses clients de manière à obtenir du financement auprès de Desjardins. La coopérative avait fini par perdre des millions de dollars dans la faillite de sa firme BCIA, en 2010. Quatre ans après le dépôt des accusations, le DPCP les avait retirées, alors que Luigi Coretti réclamait un arrêt du processus judiciaire en vertu de l’arrêt Jordan.

Luigi Coretti déplore « le refus ou l’omission systématique » du DPCP de divulguer l’ensemble de la preuve pendant le processus judiciaire, dans sa poursuite déposée la semaine dernière en Cour supérieure, mais rendue publique mardi. Il évoque la « mauvaise foi du DPCP et ses dissimulations intentionnelles ou présumées » dans sa requête.

Il est « indéniable », selon Luigi Coretti, que le dossier déposé par le ministère public pour son inculpation ne « reposait pas sur une preuve recevable ». Le consultant et entrepreneur en sécurité privée affirme avoir ainsi subi « près de sept ans d’ostracisme social, d’humiliations, de pertes financières, d’exclusion professionnelle, de vindicte populaire et de fardeaux judiciaires ».

Luigi Coretti reproche à la Caisse Desjardins des policiers et policières et à la Fédération des caisses Desjardins du Québec d’avoir « provoqué, supporté et facilité les procédures criminelles » pour favoriser son concurrent Garda. Elles ont ainsi collaboré « de mauvaise foi » avec les autorités à cette fin, maintient-il dans la requête.

L’homme d’affaires énumère une foule de dommages qui découlent de cette affaire : la perte de ses permis d’armes à feu nécessaires à son métier, la faillite de son entreprise BCIA, sa séparation, la médiatisation et les allégations de politiciens. Il réclame ainsi 9 millions, dont 3 millions en dommages moraux.

Luigi Coretti a été mêlé à de nombreuses controverses au début des années 2010, notamment en raison de ses liens avec l’ex-ministre de la Famille Tony Tomassi, tombé en disgrâce pour avoir utilisé une carte de crédit de la firme BCIA. L’entreprise de sécurité avait également utilisé des prête-noms pour verser des milliers de dollars au Parti libéral du Québec dans les années 2000. Autre controverse : BCIA avait hérité sans contrat de la surveillance du QG de la police de Montréal.