Cinq policiers de la Sûreté du Québec (SQ) se sont retrouvés à l’hôpital au cours du camp de sélection des futurs membres de l’équipe tactique tenu l’automne dernier à Valcartier, a appris La Presse.

Philippe Teisceira-Lessard Philippe Teisceira-Lessard
La Presse

L’épisode a convaincu le corps de police de mieux contrôler l’état de santé de ses candidats avant même qu’ils ne se soumettent à cette épreuve physique et psychique.

Le 24 octobre dernier, l’un des 55 aspirants policiers d’élite qui participait au camp a développé un problème de santé qui a nécessité son hospitalisation. Le rapport de santé et sécurité au travail obtenu par La Presse ne précise pas la nature du problème, sinon que les symptômes ont commencé avec des raideurs aux jambes, mais se sont avérés plus sérieux.

Il « se sentait de plus en plus mal », explique Vincent Ouellette, inspecteur de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) dans son rapport sur l’incident, qualifié d’« accident de travail ».

Tous les candidats ayant eu des signes de “raideurs” aux jambes ont alors été envoyés à l’hôpital pour subir des tests pour vérifier la possibilité de la même condition physique. Les résultats ont été négatifs.

Extrait du rapport de la CNESST

Hugo Fournier, porte-parole de la SQ, a indiqué que le nombre total de policiers hospitalisés s’élevait à cinq.

« On a pris le problème en charge dès qu’il a été constaté, a-t-il dit. Des mesures préventives ont été immédiatement mises en place afin d’éviter que la situation ne se reproduise lors d’un futur camp de sélection. »

« Stress intense »

Dans le rapport de la CNESST, on apprend que le programme de préparation au camp sera revu. « Les exercices se déroulant lors des camps de sélection seront aussi préparés avec des kinésiologues et les candidats subiront des tests pour vérifier la présence des marqueurs indiquant un début de nécrose des muscles », continue l’inspecteur Ouellette. Il félicite la SQ pour son « excellente prise en charge » du problème.

« Le camp de sélection du Groupe d’intervention tactique est très exigeant pour les candidats qui y participent », reconnaît sans problème Hugo Fournier de la SQ.

La CNESST évoque « un stress intense, et ce, tant sur le plan physique que sur le plan émotionnel et intellectuel ».

Le site internet de la SQ ajoute que ces camps incluent des épreuves « de claustrophobie, de tolérance au stress, de vertige et de capacité d’analyse face à des situations inhabituelles ».

Le Groupe d’intervention tactique (parfois surnommé par son acronyme anglais SWAT) est basé à Québec et à Saint-Hubert. Il réunit les spécialistes des interventions à haut risque.