Louiselle Goode et sa fille Angelique Hurst pensaient régler leurs problèmes financiers en servant de mules à des importateurs de cocaïne en décembre 2017. Mais l'inséparable duo mère-fille s'est fait prendre avec 1 kg de cocaïne dans ses bagages à l'aéroport Montréal-Trudeau, au retour de Panamá. Toutes deux se retrouvent maintenant derrière les barreaux, loin l'une de l'autre.

Mis à jour le 21 juill. 2018
Louis-Samuel Perron LA PRESSE

Le juge Robert Sansfaçon a condamné les deux résidantes de Deux-Montagnes à une peine de 28 mois de détention la semaine dernière. Elles avaient plaidé coupable, au printemps, au chef d'accusation d'avoir importé de la cocaïne au Canada le 10 décembre dernier. Louiselle Goode a déjà purgé l'équivalent de dix mois et demi de sa peine, parce qu'elle est détenue depuis son arrestation, contrairement à sa fille.

Les deux femmes devaient toucher chacune 10 000 $ pour rapporter au pays une valise pour le compte de Pablo, demi-frère d'Angelique Hurst. Initialement, la jeune femme devait y aller seule, mais sa mère tenait à être présente pour s'assurer que sa fille de 22 ans ne soit pas avec « n'importe qui » pour une telle mission. « Sa fille était tout pour elle », résume le juge dans sa décision.

La mère et la fille se sont donc envolées pour l'Amérique centrale le 1er décembre, toutes dépenses payées par Pablo et un certain Jose. Le plan était simple. Elles devaient échanger une valise avec des complices dans un hôtel de l'Équateur et repartir au Canada à partir du Panamá. Elles ignoraient toutefois le contenu exact de ce qu'elles transportaient.

À leur arrivée à l'aéroport Montréal-Trudeau, les douaniers ont découvert 991 g de cocaïne dans le double-fond d'une de leurs valises. Ce kilo de cocaïne était de grande qualité. Sa pureté s'élevait à 92 %, un ratio très élevé. Louiselle Goode a expliqué en détail aux policiers l'opération dirigée par Pablo et Jose. Jamais, dit-elle, elle ne pensait que sa fille serait suspectée.

FACTEURS ATTÉNUANTS

La défense demandait une peine de deux ans moins un jour, alors que la Couronne réclamait une peine de trois ans de pénitencier. Les deux femmes ont témoigné pendant les observations sur la peine avoir souffert de dépression à l'époque. Angelique Hurst habitait avec un copain « abusif » qui consommait de la drogue. De plus, la jeune femme se sentait comme « la mère de sa mère ». La femme de 55 ans souffrait de problèmes mentaux et d'une dépression sévères dans les années précédant son crime.

La santé mentale des accusées, leurs problèmes économiques et leur « relation spéciale mère-fille » ont notamment été pris en considération comme facteurs atténuants par le juge Sansfaçon dans l'imposition de la peine. Le juge a aussi relevé que les deux femmes avaient uniquement servi de « courrier » dans l'importation de la drogue et ne risquaient pas de récidiver.

Malgré leur fort lien mère-fille, il n'était pas question pour la Cour de les incarcérer dans la même unité. « La Cour suggère qu'elles ne soient pas ensemble, compte tenu des circonstances », a conclu le juge.

PHOTO FOURNIE PAR L’Agence des services frontaliers du Canada

Le sac transportant de la cocaïne de Louiselle Goode et Angelique Hurst