Tout juste un an après la mort tragique de Line Sansoucy, un jury s'apprête à décider du sort de celui qui est accusé de l'avoir tuée sans préméditation: Paolo Dasylva.

Mis à jour le 29 mars 2011
Christiane Desjardins LA PRESSE

Mme Sansoucy, mère de deux enfants, est morte asphyxiée dans son logement de la rue Viau, à Saint-Léonard, le 27 mars 2010, au lendemain d'une petite soirée entre amis. Un amas compact de papier hygiénique se trouvait dans sa bouche, et elle avait les pieds ligotés. Dasylva, 37 ans, admet que c'est lui qui a mis le papier et qui a attaché les pieds de la victime. Il soutient qu'il a agi par légitime défense après que la femme, en proie à une colère soudaine, l'eut attaqué avec un couteau, le matin du 27 mars. L'avocat de l'accusé, Me Richard Dubé, insinue que Mme Sansoucy a pu faire une psychose induite par la cocaïne puisqu'elle en avait consommé cette nuit-là. Il suggère aussi que la victime a pu avoir un malaise cardiaque.

«Pure fantaisie»

Le procureur de la Couronne, Jacques Dagenais, rejette ces théories, qu'il qualifie de «pure fantaisie». D'autant plus que, dans les heures qui ont suivi le crime, Dasylva s'est confié à un cousin, Gerry Medeiros, qui avait assisté à la même soirée. Ce dernier, ainsi que sa conjointe, a quitté le logement de la victime vers 5 h du matin. Dasylva, qui venait tout juste de connaître Mme Sansoucy, est resté, dans l'espoir d'obtenir une relation sexuelle. Mme Sansoucy lui avait pourtant dit qu'il ne devait s'attendre à rien de sexuel.

«Ça s'est mal passé. Elle m'a énervé toute la soirée. Elle se promenait d'un bord puis de l'autre. Elle n'a rien voulu me faire. Elle m'a mordu. Je lui ai mis la main sur la bouche pour l'évanouir», a confié Dasylva à son cousin.

Me Dagenais croit que Dasylva a perdu la tête quand Mme Sansoucy a refusé ses avances et qu'il a battu, ligoté et bâillonné la victime, qui est morte étouffée.

Le juge Marc-André Blanchard doit donner ses directives aujourd'hui, après quoi le jury entreprendra ses délibérations. Les jurés devront vraisemblablement décider entre trois verdicts: meurtre non prémédité, homicide involontaire ou acquittement.