Des accusations de négligence criminelle pourraient être portées contre le père du bébé mort noyé dans sa baignoire mardi soir à Laval.

Hugo Meunier LA PRESSE

Cette triste histoire s'est produite vers 20h30 dans une maison de la rue Santeuil, un secteur résidentiel tranquille du quartier Auteuil.

L'homme de 30 ans donnait le bain à ses deux enfants, un bébé de 1 an et une fillette de 2 ans, quand il serait absenté de la salle de bains durant quelques minutes, vraisemblablement pour s'affairer à la cuisine.

À son retour dans la salle de bains, il a trouvé son fils inanimé dans la baignoire. Il a aussitôt alerté les secours, qui ont entrepris des manoeuvres de réanimation sur le bébé, dont on n'a pu que constater la mort à l'hôpital.

Le père est un homme sans histoire, inconnu des milieux policiers. «Il a été interrogé toute la nuit par nos enquêteurs pour reconstituer les événements, avant d'être relâché ce matin», a expliqué le sergent François Dumais, de la police de Laval.

Le dossier a été remis au procureur de la Couronne, qui devra déterminer s'il y a eu négligence.

«C'est vraiment triste...»

La maison où s'est joué de drame était déserte mercredi matin. Une voiture se trouvait dans le stationnement en gravier et les stores étaient baissés.

Les parents de la jeune victime ont tous deux été traités pour un violent choc nerveux.

L'histoire a évidemment créé une onde de choc dans le voisinage.

Rabah Adafer, qui habite juste en face, sortait ses déchets lorsque des cris ont retenti. «Je pensais que c'était des jeunes de la rue, mais ça venait de la maison. J'ai alors vu le monsieur sortir avec son bébé dans les bras», a raconté M. Adafer, qui a aussitôt accouru vers l'homme désemparé. «Il m'a demandé d'aller à l'étage chercher son deuxième enfant dans le bain. La fillette ne savait pas ce qui se passait, je l'ai amenée à la maison.»

Au même moment, les policiers et ambulanciers sont arrivés en trombe. Le père était dehors, pris de panique, et criait à l'aide.

La mère de l'enfant a frappé à la porte de M. Adafer environ une heure plus tard pour récupérer sa fille. Atterrée. «Elle ne pouvait même pas parler», a indiqué Rabah Adafer, lui-même père de quatre enfants. «Ça fait réfléchir... C'est vraiment triste, c'est une bonne famille, des gens très gentils. Tout ça à cause de quelques minutes d'inattention, des minutes tragiques», a résumé le voisin.

Même son de cloche du côté de Pierrette Anelli, qui habite à quelques portes de là. «Ça doit être terrible pour cette famille. Nos enfants, il faut les surveiller, ça fait réfléchir», a soupiré cette voisine.

Marc-André Raymond, voisin immédiat, a aperçu le père et ses deux enfants 30 minutes avant la tragédie. «Ils étaient dehors, assis sur le balcon. On s'est salués comme d'habitude», a expliqué le jeune homme. Le père de la victime et sa famille habitent à côté de chez lui depuis environ trois ans. «Les deux enfants sont albinos, on ne les voyait pas souvent à l'extérieur», a souligné M. Raymond.

C'est en sortant de la douche qu'il a appris le drame. «Ma femme a vu le bébé inerte par la fenêtre.»