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Diablesse sexy

De Blanche-Neige à la fée Clochette, en passant par la Reine de Coeur et même Minnie la souris, tous ces costumes existent désormais en version XXX. Pour ces dames, bien sûr, mais aussi pour les fillettes. Bienvenue dans l'univers de l'Halloween sexy.

«Depuis cinq ans, la tendance est sans équivoque, confirme Marc Choran, propriétaire de la boutique de déguisements Giggles, à LaSalle. Il y a de plus en plus de costumes sexy pour les femmes, les ados, et malheureusement, les enfants.»

Résultat: il existe désormais une version sexy de tous les personnages populaires. «Tous les costumes semblent conçus dans le même esprit: minijupe, bas nylon, et talons hauts», se désole Len Simonian, père de famille californien et fabricant de poupées à l'antithèse de Barbie, Only Hearts Club.

Chez les femmes adultes, c'est la policière cochonne qui est la plus populaire, suivie de près par l'arbitre et l'infirmière en versions coquines, il va sans dire. «Ce sont nos plus populaires auprès des femmes», souligne Marc Choran.

La tendance s'observe partout: les boutiques érotiques voient leurs ventes bondir à l'Halloween, qui représente depuis trois ans l'une de leurs plus grosses saisons, tout juste derrière la Saint-Valentin. «On est renommés pour avoir les plus beaux costumes», se vante Denise Émond, superviseur des boutiques Romance. «Les clubs font des compétitions: c'est à qui aura le costume le plus sexy», fait-elle valoir.

Mais pourquoi une femme voudrait-elle se déguiser en «bonne soeur cochonne» (naughty nun, ça ne s'invente pas), ou en version XXX du Petit Chaperon rouge? «Nous vivons dans une société où il y a surenchère du sexe, répond Mariette Julien, professeure à l'École supérieure de mode de l'UQAM et auteure d'un livre à paraître sur la mode hypersexualisée. Des images de femmes hypersexualisées, on en voit partout, cela devient la référence.» Résultat, une femme qui n'est pas nécessairement hypersexualisée, mais qui suit tout de même la mode, va chercher une «licence morale» à l'Halloween. Elle aussi peut «jouer de l'appétence sexuelle». «C'est un exutoire: j'en mets plein la vue à toutes ces images avec lesquelles je suis en concurrence au quotidien. Mais ce n'est pas conscient, nuance-t-elle. Tout le monde s'entend que c'est un déguisement, un jeu.»

Quant aux fillettes, en phase de construction identitaire, elles ne cherchent qu'à ressembler à leurs idoles. Or qu'il s'agisse des jeux vidéo, des clips à la télé ou de la publicité, «on ne cesse de dire aux jeunes filles qu'il faut être sexy», renchérit Richard Poulin, sociologue à l'Université d'Ottawa. Cette pression sociale marque clairement l'inconscient, croit l'auteur de Pornographie et hypersexualisation. Du coup, les fillettes se déguisent en «objet sexuel» tandis que les garçons se retrouvent tous en «super héros». «Il y a un renforcement du stéréotype féminin. Mais attention, ce n'est pas la vierge, mais bien la putain.»

Mince consolation: avec le temps frisquet que l'on risque de connaître au Québec, peu de fillettes devraient sortir les cuisses à l'air samedi soir. La plupart enfileront leggings ou pantalons de sport sous leurs jupettes. Sexy ou pas, la raison l'emportera.




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