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Thaïlande: un terrain de foot flottant remet une île à flot

Installé près de la jetée de l'île, sur... (Photo Christophe ARCHAMBAULT, AFP)

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Installé près de la jetée de l'île, sur de grosses piles flottantes reliées par des cordes, ce terrain de 16 sur 25 mètres s'est révélé une aubaine pour le développement local depuis sa construction en 2010 à l'occasion d'une campagne publicitaire pour une banque.

Photo Christophe ARCHAMBAULT, AFP

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Apilaporn VECHAKIJ
Agence France-Presse
KOH PANYEE

Avec ses éblouissantes falaises de calcaire, ses maisons sur pilotis sur une mer bleu azur, l'île de Panyee est l'image parfaite du paradis thaïlandais. Pourtant ici, ce n'est pas le paysage qui attire les touristes. Mais un terrain de football flottant.

Les mois de troubles politiques et le maintien de la loi martiale depuis six mois ont refroidi une partie des touristes. Mais à Panyee, dans la région de Phanga Nga, dans le sud du royaume, les visiteurs étrangers continuent d'affluer grâce à l'attraction que constitue le terrain de foot.

Installé près de la jetée de l'île, sur de grosses piles flottantes reliées par des cordes, ce terrain de 16 sur 25 mètres s'est révélé une aubaine pour le développement local depuis sa construction en 2010 à l'occasion d'une campagne publicitaire pour une banque.

«Que faites-vous quand vous venez sur l'île de Panyee? Vous devez voir le terrain de football flottant», affirme tout sourire Muhammad Prasanpan, le chef de l'île, qui explique que les visites des touristes rapportent chaque jour de 50 000 à 70 000 baths à la communauté.

Cela a permis de multiplier par cinq les revenus des habitants depuis 10 ans à l'époque où l'île vivait principalement de la pêche, ajoute le chef de cette île à la population majoritairement musulmane.

Et quand ils ne sont pas en mer, la passion des habitants, c'est le football. Même le manque de surfaces plates n'a jamais réussi à les arrêter.

Traditionnellement, ils jouaient sur la plage, mais cela n'était possible qu'à marée basse. Sinon ils devaient se replier sur la première version du terrain flottant, construit il y a 30 ans. Mais fait de planches de bois assemblées avec des clous rouillés, celui-ci était quasiment impraticable.

«Nous devions éviter les clous qui pointaient. C'était risqué et dangereux. Mais nous n'avions pas le choix que de jouer dessus puisque nous n'en avions pas d'autre», se souvient Prakit Prasanpan, conducteur de bateau.

«Bons salaires»

Le nouveau terrain, construit pour une série de publicité de la banque TMB, a surtout permis de retenir les jeunes. Avant la construction du terrain, ces derniers avaient tendance à fuir l'île pour aller trouver du travail sur le continent.

L'exode rural est souvent un problème en Thaïlande. Dans les campagnes, les plus jeunes partent pour les grandes villes chercher un travail mieux payé, pour subvenir aux besoins du reste de la famille.

Panyee a réussi à inverser la tendance: l'île compte aujourd'hui 1800 habitants contre 1200 il y a dix ans.

«Les petits boulots sont mieux ici que sur le continent - les jeunes peuvent plus facilement gagner de l'argent, ils peuvent gagner des centaines de baths en conduisant des canoës par exemple», explique Aporn Janchulee, qui tient un stand sur le marché local.

«Ils ont de bons salaires et beaucoup de gens de l'extérieur viennent s'installer ici», ajoute cette habitante de 74 ans.

Grâce à son attraction footballistique, Panyee est partiellement épargnée par le recul du tourisme lié au coup d'État du 22 mai. Le secteur est gravement affecté par le maintien de la loi martiale.

D'après les chiffres officiels, entre janvier et octobre, 9% de touristes en moins se sont rendus dans le royaume par rapport à la même période de 2013, un grave manque à gagner pour les millions de Thaïlandais qui dépendent de la manne touristique.

Entre janvier et octobre, les revenus tirés du tourisme ont reculé de 6,1% par rapport à l'année précédente, avec 905 millions de baths. Une situation prise très au sérieux par la junte au pouvoir au «pays du sourire».

Dans ce contexte, Panyee chérit son attraction comme un porte-bonheur. «Nous devons garder le terrain de football pour nos enfants et nos petits-enfants parce que nous pouvons dire que le terrain est unique».

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