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Croisière: au fil du Mékong

  • <em>L'Indochine</em> croise ici et là des villages flottants où la plupart des habitants pratiquent la pisciculture. (Photo Andrée Lebel, La Presse)

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    L'Indochine croise ici et là des villages flottants où la plupart des habitants pratiquent la pisciculture.

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  • Deux rangées de sculptures précèdent la Porte du Sud à Angkor. (Photo Andrée Lebel, La Presse)

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    Deux rangées de sculptures précèdent la Porte du Sud à Angkor.

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  • Avec deux millions de motocyclettes, Hô-Chi-Minh-Ville est assourdissante. (Photo Andrée Lebel, La Presse)

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    Avec deux millions de motocyclettes, Hô-Chi-Minh-Ville est assourdissante.

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  • La maison de L'amant à Sadec, au Viêtnam. <br /><br /> (Photo Andrée Lebel, La Presse)

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    La maison de L'amant à Sadec, au Viêtnam. 

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  • <em>L'Indochine</em> compte 24 spacieuses cabines. À bord, l'ambiance est décontractée, presque familiale. (Photo Andrée Lebel, La Presse)

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    L'Indochine compte 24 spacieuses cabines. À bord, l'ambiance est décontractée, presque familiale.

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Andrée Lebel
La Presse

(À BORD DE L'INDOCHINE) Des temples d'Angkor à Hô-Chi-Minh-Ville, en faisant escale dans de petits villages comme dans de grandes villes du Cambodge et du Viêtnam, la croisière sur le Mékong apporte son lot d'émotions et garantit des souvenirs inoubliables.

La compagnie française CroisiEurope propose des itinéraires tout en français à bord d'un navire au charme colonial. L'Indochine, sorti du chantier naval de Saigon en 2008, allie confort et exotisme. Avec 22 membres d'équipage, il accueille 48 passagers dans ses cabines en bois sombre et rotin. L'ambiance est décontractée, voire familiale.

Les repas à heures fixes sont annoncés par un gong, et chacun peut choisir sa table. Le chef d'origine cambodgienne prépare une cuisine asiatique raffinée avec des produits locaux. Des conférences pour mieux comprendre les pays visités et la présentation de films tournés dans la région favorisent l'immersion culturelle.

La croisière fluviale de 13 jours est sans tracas puisque tout est compris dans le prix. La clientèle provient surtout de France et de Belgique.

Cambodge

Après deux jours et demi consacrés à la visite des temples d'Angkor, les passagers quittent Siem Reap en autocar pour rejoindre le navire, qui les attend sur le Tonlé Sap. La navigation sur le plus grand lac d'eau douce du Sud-Est asiatique est un pur enchantement. L'Indochine glisse sur les eaux calmes pendant qu'on observe l'activité sur les rives ou de magnifiques couchers de soleil.

Les excursions dans les villages cambodgiens, accompagnées d'un guide francophone du pays, permettent des rencontres authentiques avec les habitants.

Une promenade en petits bateaux dans le village flottant de Kampong Chhnang précède la visite d'un village de potiers où l'entière communauté se consacre à la production de pots, vases et fours d'argiles utilisés dans tout le pays.

La traversée du village de Kampong Tralach en chars à boeufs (charrettes) nous amène jusqu'à une pagode située au milieu des rizières. Converti au bouddhisme vers la fin du XIIIe siècle, le Cambodge a conservé ses croyances hindouistes, et les deux religions s'entremêlent.

Une symphonie de martelage accueille les visiteurs à Koh Chen, un village spécialisé dans le cuivre gravé et argenté. Les artisans travaillent sans relâche à l'ombre de leurs maisons sur pilotis pour créer des plats et des bijoux uniques. Au bout d'une rue en terre battue, sous un abri de fortune, un vieux professeur enseigne gratuitement le français à de jeunes élèves. L'anglais a remplacé le français comme langue seconde dans les écoles du pays, mais les gens âgés demeurent attachés à la langue de Molière. Partout, l'accueil est souriant et chaleureux.

Phnom Penh, la ville la plus peuplée du Cambodge, est très animée. Le navire reste à quai pendant deux jours. Les passagers ont ainsi le temps d'explorer les principaux attraits de la ville, de négocier dans les marchés et même de participer à la vie nocturne.

Viêtnam

L'atmosphère et les paysages changent totalement dès que le navire franchit la frontière du Viêtnam. Impossible de ne pas remarquer l'influence du régime communiste et de la domination chinoise. Depuis la libéralisation de l'économie, en 1986, le pays met cependant les bouchées doubles pour combler ses retards. La construction est frénétique et tout le monde semble pressé.

Le bruit des petites embarcations, souvent dotées de moteurs de camion, est incessant sur le Mékong. Le fourmillement de travailleurs au chapeau conique dans les rizières rappelle que le Viêtnam est le premier pays exportateur de riz du monde. La région du Sud, considérée comme le ventre du pays, est couverte de plantations diverses. De nombreuses embarcations transportent de lourdes cargaisons de fruits et de légumes sur le Mékong.

La pêche et la pisciculture sont d'autres sources importantes de revenus. Reconnu pour son poisson macéré, le village flottant de Chau Doc fait également l'élevage de poissons dans des réservoirs dissimulés sous les maisons.

L'escale à Sadec est nimbée de romantisme. Surnommée «le jardin de la Cochinchine» à l'époque coloniale, la ville possède un immense marché typiquement vietnamien et une belle promenade le long du Mékong. Plusieurs femmes sont fidèles au chapeau conique, et les habitants circulent encore à vélo.

La traversée du Chao Gao est un moment inoubliable. Cet étroit canal artificiel de 28 km de longueur est la seule voie navigable entre le Mékong et la rivière Saigon. Plus de 4000 embarcations l'empruntent chaque jour. Les bateaux qui se suivent, se doublent et s'interpellent offrent un spectacle fascinant. Les berges bordées de palmiers laissent entrevoir des petits villages de pêcheurs.

Après des années de guerre et de faim, les conditions de vie de la population vietnamienne s'améliorent constamment. Tout le monde a maintenant un toit et de quoi manger. C'est une population jeune (60% des Vietnamiens ont moins de 30 ans), l'école est devenue obligatoire et l'espérance de vie, qui était de 63 ans il y a un demi-siècle, vient d'atteindre 75 ans.

Quelques kilomètres avant d'arriver à Hô-Chi-Minh-Ville, les rives sont bordées d'industries et d'usines de toutes sortes. Les grandes marques, attirées par la main-d'oeuvre bon marché, y fabriquent des vêtements vendus partout dans le monde. Le navire demeure à quai au centre-ville de Hô-Chi-Minh-Ville pendant deux nuits. Le temps d'apprivoiser la ville, et c'est le moment des adieux.

Les frais de ce voyage ont été payés par CroisiEurope.

Cinq visites inoubliables

Angkor

Plus de 300 temples ont été construits à Angkor, haut lieu de la civilisation khmère. Le plus imposant d'entre eux, Angkor Wat, a été érigé au XIIe siècle. D'abord hindou et ensuite bouddhiste, c'est l'un des grands édifices sacrés du monde et il est classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO. Il est entouré de jardins et ses murs sont couverts de bas-reliefs exceptionnels. Angkor Wat se reflète dans un lac où les visiteurs se rassemblent pour assister au lever du soleil. Le site est si vaste qu'on peut y passer plusieurs jours. Il faut aussi voir la Porte du Sud, précédée de deux rangées de sculptures, et le temple de Bayon, situé au coeur d'Angkor Thom. De 5h30 à 17h30, Angkor reçoit entre 8000 et 10 000 visiteurs par jour. Et chaque personne doit se faire photographier avant d'entrer, ce qui crée parfois des queues en fin de matinée. La ville de Siem Reap (200 000 habitants) s'est développée autour des temples d'Angkor. Il y a un aéroport, de beaux hôtels et un marché de nuit très fréquenté par les touristes. C'est une ville calme, où les temples bouddhistes côtoient les édifices coloniaux.

Phnom Penh

Située au confluent du Tonlé Sap et du Mékong, la capitale du Cambodge possède une belle énergie. À l'époque de la colonisation française, Phnom Penh était considéré comme la perle d'Asie. Tout a basculé en 1975. En quelques jours, les Khmers rouges l'ont vidé de la quasi-totalité de ses habitants. Laissée à l'abandon pendant plusieurs années, la ville retrouve graduellement ses repères. Rien ne vaut une promenade en tuk-tuk pour prendre le pouls de Phnom Penh, humer ses odeurs et faire le tour des principaux attraits (la colline de Mme Penh, le monument de l'Indépendance, le Palais royal, les quais, le marché de nuit, etc.). En l'absence de feux de circulation, les camions, voitures, tuk-tuk, motos et vélos se croisent selon la courtoisie des conducteurs. La visite du Palais royal nécessite une bonne demi-journée. Le complexe comprend entre autres la pagode d'argent, la salle du trône et le pavillon du clair de lune, qui sont de beaux exemples de l'architecture khmère. Le Musée national de Phnom Penh vaut également le détour ainsi que le marché central, qui loge dans un magnifique bâtiment de style Art déco.

Musée du génocide cambodgien Tuol Sleng

Indispensable à la compréhension de l'histoire du Cambodge, la visite du Musée du génocide est émouvante. Aussi appelé S-21, ce centre d'interrogatoire avait été aménagé par les Khmers rouges dans un lycée du centre-ville de Phnom Penh. La souffrance des quelque 20 000 personnes qui y ont été torturées suinte encore des murs. Leurs supplices sont décrits dans les détails et illustrés de photos. On peut y voir des instruments de torture et des centaines de photos de victimes dont le regard interpelle les visiteurs. Dirigé par Douch (condamné depuis à la prison à perpétuité), le S-21 était l'un des 200 centres de torture du pays sous le règne de Pol Pot. S'inspirant de la révolution culturelle chinoise, le régime des Khmers rouges (avril 1975 à janvier 1979) a fait au moins 2 millions de victimes, dont la plupart des intellectuels du pays. Le musée révèle l'ampleur et l'horreur du massacre, et les cercueils des 14 dernières victimes sont alignés devant l'édifice. Tout aussi saisissante est la rencontre avec l'artiste Bou Meng et l'ancien mécanicien Chum Mey. À la sortie, ces deux survivants de Tuol Sleng proposent des livres relatant leur cauchemar.

La maison de l'amant à Sadec

Marguerite Duras a habité Sadec de 1928 à 1932 pendant que sa mère y enseignait. C'est sur le bac qu'elle empruntait pour se rendre à son lycée de Saigon qu'elle aurait rencontré le riche Chinois qui allait devenir son amant. Même si les Français ont quitté le Viêtnam depuis 1954 et que le bac a été remplacé par un pont moderne, la petite ville du delta du Mékong conserve l'ambiance décrite par Duras dans L'Amant. Ce best-seller a inspiré le film du même titre de Jean-Jacques Annaud. Construite en 1895 et transformée en poste de police dans les années 70, la maison de Huyn Thuy Lê (l'amant) est devenue un musée national en 2009. Même si Duras n'y a jamais mis les pieds, on peut y voir l'aménagement des demeures des bien nantis de l'époque. Il y a quelques pièces du mobilier original, dont l'autel en bois sculpté de l'entrée et la table-divan où les hommes s'étendaient pour fumer de l'opium. Sur les murs, des photos du film côtoient celles de Huyn Thuy Lê avec la femme chinoise qu'il a été forcé d'épouser et leurs cinq enfants. Ces derniers ont émigré aux États-Unis après la mort de leur père, en 1972.

Hô-Chi-Minh-Ville

Avec 6 millions de motocyclettes pour 10 millions d'habitants, Hô-Chi-Minh-Ville est assourdissante et intimidante. Au XIXe siècle, la métropole de la Cochinchine a été aménagée à l'occidentale par les Français. Ses larges avenues en damier bordées d'arbres et quelques édifices témoignent de cette période. La Poste centrale, conçue par Gustave Eiffel, est une splendeur. On peut même y rencontrer un authentique écrivain public. Si le vieil homme écrit de moins en moins de lettres, sa connaissance du français est souvent requise pour des traductions. Hô-Chi-Minh-Ville, que les habitants continuent d'appeler Saigon, se transforme rapidement grâce aux investissements étrangers. Des immeubles modernes, comme la tour financière Bitexco (nouvel emblème du pays), s'élèvent à un rythme effréné. C'est dans Cholon qu'on retrouve l'ambiance de l'ancien Saigon. Les riches commerçants chinois ont quitté le quartier depuis longtemps, mais le populaire marché des grossistes et la rue des herboristes conservent leur cachet d'antan. Il faut aussi voir le Musée national d'histoire, le marché de souvenirs, le Palais de la réunification et la cathédrale Notre-Dame de Saigon. Attention! Traverser les rues peut s'avérer périlleux. Les feux de circulation sont peu nombreux et rarement respectés.

Combien ça coûte?

Environ 5000$ à partir de Montréal. Le prix de la croisière comprend les billets d'avion, deux nuits à l'hôtel à Siem Reap, les transferts, les excursions et les pourboires. CroisiEurope est spécialisée dans les croisières fluviales. Ses 38 navires voguent sur les fleuves d'Europe, la Volga (Russie) et le Mékong (Asie du Sud-Est).

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