Israël et la Turquie trouvent un accord pour mettre fin à leur brouille

Le Mavi Marmara faisait partie d'une flottille internationale de six... (PHOTO AMIR COHEN, archives REUTERS)

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Le Mavi Marmara faisait partie d'une flottille internationale de six bateaux chargée d'aide humanitaire.

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Michael SMITH
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Israël et la Turquie ont trouvé un accord dimanche pour normaliser leurs relations après six années de brouille causée par un raid meurtrier d'un commando israélien contre un navire turc chargé d'aide pour Gaza, selon un responsable israélien.

Israël s'est notamment engagé à verser 20 millions de dollars (18 millions d'euros) dans un fonds d'indemnisation pour les familles des dix Turcs tués lors de l'assaut contre le navire Mavi Marmara en 2010 en échange de l'abandon par Ankara de poursuites judiciaires contre les militaires israéliens, a indiqué à l'AFP ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

Il a également précisé que l'accord prévoit le retour des ambassadeurs à Ankara et Tel-Aviv.

Tous les détails seront dévoilés lors d'une conférence de presse à Rome lundi à midi, a-t-il ajouté.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est actuellement dans la capitale italienne pour des entretiens avec le secrétaire d'État américain John Kerry. Les États-Unis avaient poussé les deux pays à signer un accord afin de renforcer la lutte contre le groupe djihadiste État islamique (EI).

Le premier ministre turc Binali Yildirim s'exprimera lundi sur les termes de l'accord à 13h, a de son côté indiqué une source officielle turque.

La Turquie était une alliée régionale capitale d'Israël jusque dans les années 2000.

Leurs relations se sont ensuite progressivement détériorées, avant d'être réduites de manière drastique en 2010 en réaction à l'assaut meurtrier lancé par des commandos israéliens contre le Mavi Marmara, un navire affrété par une ONG humanitaire turque pour tenter de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza. Cette opération s'était soldée par la mort de 10 Turcs.

Le ferry faisait partie d'une flottille internationale de six bateaux chargée d'aide humanitaire.

Israël avait présenté ses excuses en 2013, mais les tensions s'étaient ravivées l'année suivante avec une nouvelle offensive israélienne dans la bande de Gaza.

Intérêt des deux pays

Ankara avait posé trois conditions à une normalisation des relations: des excuses publiques pour l'assaut, des indemnisations financières pour les victimes et la levée du blocus de Gaza, contrôlée par le Hamas.

Israël impose un strict contrôle sur les livraisons vers l'enclave palestinienne pour empêcher le mouvement islamiste Hamas de recevoir du matériel susceptible de servir à mener des attaques contre l'État hébreu.

L'État hébreu contrôle toutes les entrées et sorties de biens et de personnes de Gaza, à l'exception du terminal de Rafah, vers l'Égypte, que Le Caire tient fermé en quasi-permanence.

Les deux premières conditions ont été partiellement satisfaites et un compromis semble avoir été trouvé sur l'acheminement de l'aide turque aux habitants de Gaza via le port israélien d'Ashdod plutôt que de l'envoyer directement à cette enclave palestinienne, selon Ankara.

Selon les médias israéliens, Ankara se serait engagée à empêcher le Hamas au pouvoir à Gaza de mener des activités anti-israéliennes à partir de son territoire, mais il pourra continuer à avoir des activités diplomatiques en Turquie.

M. Netanyahu était soumis à des pressions en Israël pour ne pas signer cet accord sans que le Hamas s'engage à restituer les corps de deux soldats israéliens tués à Gaza en 2014, mais aussi à libérer deux Israéliens présumés vivants et détenus par le mouvement islamiste.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accepté, selon le responsable israélien, d'apporter son aide sur cette question.

Au cours des dernières semaines, les deux ex-alliés régionaux s'étaient rapprochés.

Israël a renforcé ses relations avec l'OTAN en ouvrant une représentation permanente auprès du siège de l'Alliance à Bruxelles en mai, grâce à une décision turque de ne plus s'y opposer.

M. Erdogan avait déclaré récemment que «les Palestiniens, Israël et nous avons beaucoup à gagner à ce processus de normalisation».

«C'est l'intérêt des deux pays» de normaliser leurs relations, a affirmé à l'AFP Dror Zeevi, un universitaire spécialiste du Moyen-Orient.

«La Turquie a perdu presque tous ses contacts dans la région et Israël n'a pas beaucoup d'amis non plus», souligne M. Zeevi.

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