Yémen: le chef du gouvernement en exil retourne à Aden

Le chef du gouvernement yéménite, Khaled Bahah.... (Photo Hassan Ammar, archives AP)

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Le chef du gouvernement yéménite, Khaled Bahah.

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Fawaz AL-HAIDARI
Agence France-Presse
ADEN

Le chef du gouvernement yéménite Khaled Bahah, en exil Arabie saoudite, est retourné samedi à Aden, la grande ville du sud du Yémen reconquise il y a deux semaines par les forces loyalistes, qui combattent depuis quatre mois les rebelles chiites Houthis.

Il s'agit du plus haut responsable yéménite à revenir à Aden depuis l'annonce à la mi-juillet de la reconquête de la deuxième ville du pays. M. Bahah a récemment été précédé par des membres de son gouvernement revenus pour évaluer les dégâts engendrés par le conflit.

M. Bahah, également vice-président de la République, est arrivé à bord d'un avion militaire saoudien en provenance de Riyad, où le président Abd Rabbo Mansour Hadi et son gouvernement se sont exilés fin mars sous la pression des rebelles chiites qui progressaient dans le sud du Yémen.

Dans une brève déclaration, M. Bahah a indiqué que sa présence confirmait «la libération d'Aden et la normalisation de la vie».

Il a ensuite visité des quartiers de la ville où il s'est enquis des dégâts subis par la résidence présidentielle, la préfecture et la radio-télévision ainsi que le QG de la 4e région militaire, et devait se rendre au chevet de blessés de la guerre, selon une source de sécurité.

Au terme d'un séjour symbolique de quelques heures, le premier ministre devait quitter le pays, a-t-on appris dans son entourage.

«Aden est la clé de la victoire» pour la reconquête du pays, a déclaré son porte-parole, Rajeh Badi qui, interrogé par la télévision Al-Arabiya, a affirmé que le président Hadi pourrait maintenant regagner Aden «à tout moment».

Plusieurs responsables du gouvernement en exil sont arrivés simultanément à Aden à bord d'un deuxième avion saoudien pour superviser la remise en état des services publics et rouvrir les bâtiments publics, a indiqué à l'AFP le ministre des Droits de l'Homme, Ezzedine al-Isbahi.

Selon lui, la radio-télévision d'État doit reprendre prochainement ses programmes depuis Aden.

Distribution d'aide lente et limitée

Pour libérer Aden, les forces progouvernementales ont reçu le soutien aérien d'une coalition arabe dirigée par Riyad, qui avait lancé le 26 mars une campagne de raids pour empêcher les Houthis et leurs alliés, des soldats restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh, de prendre tout le Yémen.

La réouverture de l'aéroport et du port d'Aden a permis l'acheminement d'aides humanitaires, dont la distribution est encore lente et limitée pour des raisons logistiques, selon des responsables locaux.

Le directeur de la section locale du Croissant-Rouge yéménite, Ahmed Mansour, a déclaré à l'AFP que son organisme avait «distribué dans trois quartiers d'Aden 20 000 rations alimentaires apportées par les Émirats arabes unis».

Il a ajouté souhaiter que «d'autres organisations caritatives participent à la distribution de l'aide».

Environ 80% de la population du Yémen -soit 21 millions de personnes- ont besoin d'aide ou de protection, et plus de 10 millions ont du mal à se nourrir ou à trouver de l'eau, selon l'ONU.

À Aden, on s'efforce de retrouver un semblant de normalité.  Les autorités ont réussi à rouvrir partiellement les principales artères de la ville, d'où elles ont retiré des carcasses de véhicules et d'engins militaires, calcinés ou endommagés durant les combats, a rapporté un correspondant de l'AFP.

Des habitants ont pu ces derniers jours inspecter leurs maisons, pour la plupart détruites ou pillées, dans certains quartiers d'Aden que les rebelles avaient tenus pendant près de quatre mois, a-t-il ajouté.

Après avoir sécurisé Aden, les forces loyalistes poursuivaient samedi leur progression vers la Cité Verte au nord d'Aden, et vers Zinjibar, chef-lieu de la province d'Abyane, située plus à l'est, ont indiqué des responsables et des témoins.

Simultanément, l'aviation de la coalition a intensifié ses raids dans la nuit et au petit matin contre les positions des rebelles dans la base aérienne d'Al-Anad et à Houta, capitale de la province de Lahj, ainsi qu'à Taëz (sud-ouest) où 47 rebelles et 5 combattants pro-Hadi ont été tués dans de violents affrontements, selon des sources militaires.

Les frappes aériennes ont aussi visé samedi des positions rebelles dans les provinces de Mareb, à l'est de Sanaa, de Hajja et de Saada, dans le nord, selon des témoins.

La guerre au Yémen a fait près de 4000 morts en quatre mois, dont la moitié des civils selon l'ONU.

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