Macron appelle l'Europe à résister aux tentations «autoritaires»

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Strasbourg

Le président français Emmanuel Macron a livré mardi un plaidoyer pour la défense de la démocratie dans l'UE, mettant en garde contre « les tentations autoritaires » et les replis nationaux, qui réveillent une « forme de guerre civile européenne ».

Ce discours était le premier prononcé devant le Parlement européen, placé sous haute sécurité, par le jeune président français qui avait choisi « l'Ode à la joie » de Beethoven, l'hymne européen, pour célébrer son élection en mai 2017.

Il avait ensuite proposé, dans un discours à la Sorbonne en septembre, 80 initiatives pour « refonder l'Europe », notamment en renforçant la zone euro, en généralisant le programme Erasmus et en taxant les géants du numérique.

Mais cette ambition a jusqu'à présent été freinée par la longue crise politique en Allemagne --dont la chancelière Angela Merkel viendra débattre à son tour au Parlement européen en novembre-- et par les victoires de partis eurosceptiques aux récentes élections en Italie et en Hongrie.

Il a appelé « à organiser le vrai débat européen qui permettra à notre peuple de choisir entre ceux qui veulent une Europe du repli et ceux qui sont prêts à porter une Europe d'une souveraineté réinventée, d'une démocratie vivante ».

Pour que l'Europe ait les moyens de ses ambitions et d'une « souveraineté européenne » face aux défis internationaux, la France « est prête à augmenter sa contribution » au budget européen dans le cadre du prochain budget pluriannuel post-Brexit de l'UE après 2020, a annoncé M. Macron.

Pour trouver de nouvelles ressources, il a proposé la suppression des rabais « qui ne sauraient survivre au Brexit » et a aussi plaidé pour de nouvelles ressources européennes issues d'une taxe sur le numérique.

Concernant les migrations, l'un des sujets qui divisent le plus les Européens, Emmanuel Macron a appelé à « dépasser le débat empoisonné » sur les quotas de répartition dans l'UE et proposé « de créer un programme européen qui soutienne directement financièrement les collectivités locales qui accueillent et intègrent les réfugiés ».

« Retour de la France »

« La vraie France est de retour. Je salue le retour de la France parmi nous », s'est réjoui le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker lors du débat en plénière. Mais, a-t-il ajouté, « n'oublions pas que l'Europe n'est pas seulement franco-allemande ».

Emmanuel Macron est justement attendu jeudi à Berlin pour s'entretenir de l'avenir de la zone euro avec Angela Merkel, dont le parti conservateur a critiqué lundi notamment son idée de création d'un budget propre à la zone euro pour aider les investissements.

À Strasbourg, le chef de file des socialistes, Udo Bullmann a salué « l'enthousiasme et la passion pour l'Europe » du président français. « Mais les mots ne suffisent pas », a-t-il averti, l'appelant à des « actions concrètes » et critiquant notamment la politique migratoire de Paris.

M. Macron a reçu sur le soutien du chef de file des libéraux de l'ALDE, Guy Verhofstadt, qui l'a encouragé à « persévérer » face aux « forces conservatrices ». « Parfois j'ai l'impression que comparé aux conservateurs en Europe même la SNCF est un bastion de réformistes », a dit l'eurodéputé belge, déclenchant des rires dans l'assemblée.

Sur un ton virulent, l'eurodéputé belge Philippe Lamberts (Verts) a de son côté attaqué « l'action en France » de M. Macron, qui « met à mal la devise «Liberté, Égalité, Fraternité», critiquant les ventes d'armes, le nucléaire ou le démantèlement de camps de migrants.

Le président français a une nouvelle fois défendu les frappes menées en Syrie contre des sites d'armes chimiques par la France, les États-Unis et le Royaume-Uni dans l'hémicycle, où quelques eurodéputés avaient brandi des pancartes appelant à «arrêter la guerre en Syrie».

En fin de journée, l'ambiance devrait être moins formelle au centre des congrès d'Epinal, où M. Macron débattra de l'avenir de l'UE avec 200 à 300 personnes s'étant inscrites en ligne.

Le président avait expliqué en février que l'objectif de ces «consultations citoyennes», menées dans les 27 pays de l'UE (hors Royaume-Uni), était de «libérer la parole sur l'Europe» dans la perspective des élections européennes de 2019.




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