Plus d'homicides à Londres qu'à New York, du jamais-vu

Pour la première fois, le taux d'homicide de... (Photo Andrew Winning, archives Reuters)

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Pour la première fois, le taux d'homicide de Londres est plus élevé que celui de la ville de New York, selon des données dévoilées cette semaine.

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Pour la première fois, le taux d'homicide  de Londres est plus élevé que celui de la ville  de New York, selon des données dévoilées cette semaine. « Nous vivons une tempête parfaite  du crime en ce moment », confie un expert londonien en entrevue avec La Presse.

DEUX MOIS

Londres, plus violente que New York ? C'est vrai... depuis deux mois. En février, la police métropolitaine de Londres a enregistré 15 meurtres sur son territoire, alors que la police de New York en a enregistré 11. En mars, il y a aussi eu plus de meurtres à Londres, qui en a dénombré 22, contre 21 à New York. Avec 18 meurtres en janvier, Londres a donc connu 55 meurtres depuis le début de l'année. Il s'agit d'une hausse de 50 % par rapport à la même période l'an dernier.

GUERRE DES « CODES POSTAUX »

Selon Patrick Green, PDG de Ben Kinsella Trust, organisation caritative vouée à combattre la violence à l'arme blanche à Londres, la « guerre des codes postaux » que se livrent des gangs est à l'origine de cette hausse de la violence. « On voit des jeunes innocents qui se font poignarder et tuer simplement parce qu'ils habitent dans un quartier voisin, dit-il en entrevue téléphonique. C'est une question de territoire. Nous vivons une tempête parfaite du crime en ce moment, avec une baisse dans le financement des ressources pour les jeunes et une diminution des effectifs policiers. Beaucoup de jeunes ont peur, car ils sentent que les crimes se produisent partout autour d'eux, donc ils gardent un couteau sur eux. Ça crée une spirale où de plus en plus de gens ont des couteaux. Et ça ne se produit pas dans un seul secteur, mais bien dans toute la ville. »

VICTIME INNOCENTE

L'une des plus récentes victimes, Tanesha Melbourne, 17 ans, a été tuée lundi dans le quartier populaire Tottenham par des assaillants qui ont ouvert le feu sur elle et ses amis, et qui ont pris la fuite en voiture. Les autorités croient que l'adolescente est une victime innocente dans un combat que se livrent des gangs de rue pour le contrôle de la vente de drogue. David Lammy, parlementaire pour Tottenham, a déclaré qu'il y a déjà eu quatre meurtres dans son quartier cette année, la pire concentration de violence de ses 18 années au pouvoir. « Commander de la drogue est aussi facile que de commander une pizza, a-t-il dit. Nous sommes le marché de la drogue de l'Europe, et je n'entends rien en matière de solution de la part du gouvernement. »

MOINS D'HOMICIDES

Dans l'histoire moderne, New York a toujours été beaucoup plus dangereux que Londres. Or, les deux villes de taille comparable (environ 8,5 millions d'habitants) ont vu leurs taux d'homicide baisser dramatiquement au cours des dernières décennies. En 1990, l'année la plus violente, 2245 personnes ont été tuées à New York. C'est l'équivalent de plus de six meurtres par jour. À Londres, le sommet a été atteint en 2004, quand 204 personnes avaient été tuées. En 2017, New York a enregistré 3,4 homicides par tranche de 100 000 habitants, contre 1,2 homicide à Londres.

PLUS DE CONTRÔLES

Cette année, 31 meurtres à l'arme blanche ont été répertoriés à Londres, soit une victime tous les 3 jours. Les victimes sont souvent des jeunes, parfois même des mineurs, comme Abdikarim Hassan, 17 ans, poignardé à mort cette semaine près de chez lui, dans le quartier Camden. La commissaire de la police métropolitaine de Londres, Cressidia Dick, a dit que la police allait « augmenter les contrôles et fouilles aléatoires dans la rue afin de saisir davantage d'armes blanches ». Ces contrôles sont souvent critiqués par les groupes de droits civils, qui affirment que les policiers interceptent les membres de minorités visibles de façon disproportionnée. Pour Patrick Green, du Ben Kinsella Trust, l'important pour le moment est de chercher à contenir cette violence. « Ensuite, ça va nous prendre des solutions à long terme. On ne peut pas continuer comme ça. »




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