À Bruxelles, un Tillerson affaibli affronte les critiques des Européens

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À la mi-journée, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a déjeuné avec ses homologues des 28 pays de l'Union européenne à l'invitation de la Haute représentante Federica Mogherini.

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Alix RIJCKAERT, Dave CLARK
Agence France-Presse
Bruxelles

Rex Tillerson a tenté mardi à Bruxelles de faire oublier les rumeurs sur son prochain remplacement à la tête de la diplomatie américaine, mais il s'est heurté à la résistance des Européens sur l'Iran ou le statut de Jérusalem.

Avant de déjeuner avec ses homologues de l'UE, le chef de la diplomatie américaine a loué la «position déterminée» de l'Union face à la Corée du Nord et insisté sur leurs «objectifs sécuritaires partagés».

Mais, debout à ses côtés, l'air sombre, la Haute représentante pour les Affaires étrangères de l'UE, Federica Mogherini, en a profité pour réitérer les positions de l'UE sur l'Iran, le multilatéralisme, l'ONU et le conflit israélo-palestinien, qui sonnaient comme autant de critiques implicites de la politique étrangère américaine.

M. Tillerson a commencé sa journée à Bruxelles avec une visite aux personnels diplomatiques américains postés dans la capitale européenne.

Il a tenté de faire oublier les rumeurs de la presse sur son prochain remplacement par l'actuel directeur de la CIA, Mike Pompeo, en promettant que ses projets de restructuration du Département d'État - qui peine à attirer les hauts responsables dont il a besoin - donneraient «des résultats rapides».

«Même si nous ne pouvons pas encore afficher de résultats, je peux vous dire que nous sommes en bien meilleure position pour faire avancer les intérêts des États-Unis dans le monde que là où nous étions il y a dix mois», a-t-il insisté.

Les tensions récurrentes de l'ancien PDG d'ExxonMobil avec Donald Trump sont notoires, et M. Trump a mis 24 heures avant de démentir qu'il envisageait de limoger M. Tillerson, tout en insistant sur leurs «divergences» de vues.

«C'est moi qui ai le dernier mot», a martelé le milliardaire républicain vendredi sur Twitter.

«Catastrophique»

À Bruxelles, il a toutefois été difficile pour M. Tillerson d'afficher l'harmonie transatlantique alors que M. Trump pourrait reconnaître Jérusalem - occupée et annexée par Israël - comme la capitale de l'État hébreu dans les prochains jours.

Cette décision serait «catastrophique», a réagi la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallstrom, mettant en garde contre ses «conséquences énormes».

Les Européens craignent qu'une telle reconnaissance ne provoque une flambée de violences au Proche-Orient et rende impossible la création d'un État palestinien vivant en paix avec Israël.

Jérusalem devrait être la «future capitale de deux États» israélien et palestinien, «de façon à répondre aux aspirations des deux parties», a martelé Mme Mogherini, estimant que cette question ne pouvait être réglée qu'«à travers des négociations».

Devant la presse, M. Tillerson est resté silencieux sur cette question très sensible. Il a en revanche répété avec force ses griefs contre l'Iran, des récents tirs de missiles balistiques à son ingérence dans le conflit syrien et au Yémen, en y incluant l'accord nucléaire que Donald Trump a refusé de «certifier» en octobre.

Mais là aussi, l'UE défend bec et ongles cet accord historique qui permet à ses yeux d'éviter une course à l'armement au Moyen-Orient. Cet accord «fonctionne», a jugé Mme Mogherini, rappelant que c'est une «priorité stratégique majeure pour l'UE».

«Rival économique»

«Nous avons besoin les uns des autres en dépit des irritations récentes», a résumé le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel, qui a regretté que Washington considère de plus en plus l'Europe «comme un concurrent ou un rival économique».

Même l'OTAN, organisation de coopération militaire transatlantique historiquement dominée par les États-Unis, a été remise en cause par Donald Trump, qui ne cache pas son exaspération devant l'inégal «partage du fardeau» et réclame sans ménagement à ses Alliés européens et canadiens qu'ils augmentent leurs budgets militaires.

Lors d'un dîner, mardi soir, M. Tillerson et ses homologues de l'OTAN devraient débattre des deux grands défis sécuritaires du moment : la Corée du Nord et la Russie.

«Le monde entier doit exercer une pression maximale sur la Corée du Nord» après l'essai nucléaire de début septembre et des tirs de missiles par Pyongyang, a estimé le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg.

Si les Européens se sont toujours sentis à l'abri, ils ont affiché une fermeté sans faille en durcissant encore leurs sanctions économiques contre ce pays.

La Russie, accusée d'ingérence dans des élections en Europe et aux États-Unis, reste un sujet de préoccupation majeur pour l'Alliance et les Occidentaux poussent pour l'envoi de troupes de maintien de la paix de l'ONU dans la région disputée du Donbass, dans l'est de l'Ukraine.




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