Une exposition sur les «martyrs» fait scandale en Allemagne

Le 13 novembre 2015, 90 spectateurs du Bataclan... (ARCHIVES AFP)

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Le 13 novembre 2015, 90 spectateurs du Bataclan avaient été tués par trois djihadistes pendant une interminable prise d'otages.

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Agence France-Presse
Berlin

Une exposition à Berlin sur les «martyrs» dans l'histoire, qui inclut dans la liste l'un des auteurs des attentats de Paris en 2015, fait scandale en Allemagne et a suscité une protestation officielle de la France.

Intitulée Le musée des martyrs, l'exposition propose, accrochées sur deux murs, des photographies accompagnées de courtes biographies explicatives de 20 figures historiques présentées comme des «martyrs», personnes «mortes pour leurs convictions».

Dans cette liste hétéroclite, on trouve le philosophe grec Socrate, le militant des droits civiques Martin Luther King, mais aussi le Français Ismaël Omar Mostefaï, l'un des trois auteurs de la tuerie djihadiste dans la salle de concert du Bataclan à Paris, en novembre 2015, qui avait fait 90 morts.

Un billet d'entrée pour le Bataclan figure à côté de sa photo.

L'Égyptien Mohammed Atta, l'un des principaux responsables des attaques-suicide du 11 septembre 2001 aux États-Unis; ainsi qu'une adolescente kamikaze daguestanaise, auteur d'un attentat dans le métro de Moscou en 2010, figurent aussi dans cette exposition.

Cette dernière a été montée par un collectif danois appelé The Other Eye of the Tiger. Elle est visible au Kunstquartier Bethanien, un lieu culturel berlinois alternatif.

Inaugurée la semaine dernière et prévue pour durer jusqu'à mercredi seulement, l'exposition a vite suscité l'indignation, en Allemagne comme en France, notamment sur les réseaux sociaux.

L'ambassade de France à Berlin a fait part de sa «consternation», jugeant un «tel parti pris (...) profondément choquant». «Tout en rappelant notre attachement à la liberté de la création artistique, nous dénonçons avec force la confusion ainsi faite entre martyre et terrorisme», a-t-elle indiqué dans un communiqué.

L'ensemble des personnages cités «ont été désignés comme "martyr" par un État, une religion ou une organisation. Aucun ne l'a été par les artistes» eux-mêmes, insistent dans un communiqué les auteurs de l'exposition, disant prendre leurs distances avec toute forme de violence et de terrorisme.

L'exposition veut montrer «l'étendue de l'usage du terme "martyr"» et son «incohérence en fonction des différents contextes et des positions géographiques à travers l'histoire», poursuivent-ils.

La mairie de Berlin s'est officiellement désolidarisée dans cette exposition, assurant qu'elle ne «la soutenait pas» ni ne la finançait.

Figure du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), la députée de Berlin Beatrix von Storch a annoncé sur Twitter avoir porté plainte «pour apologie publique de meurtre».

Une précédente exposition sur les «martyrs» du collectif The Other Eye of the Tiger avait déjà fait l'objet en 2016 au Danemark d'une plainte pour «apologie de terrorisme».




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