Washington promet de soutenir l'Europe face aux «agressions» russes

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Rex Tillerson, lui-même considéré comme un «ami» de la Russie lorsqu'il dirigeait le géant pétrolier ExxonMobil avant sa nomination au gouvernement, a eu des mots très durs à son égard devant un think tank à Washington, mardi.

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Francesco FONTEMAGGI
Agence France-Presse
Washington

Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a réaffirmé mardi l'engagement des États-Unis à faire face aux «agressions» de la Russie contre ses voisins tout en demandant aux Européens de faire davantage pour leur propre sécurité.

«Nous reconnaissons, avec nos amis en Europe, la menace active que représente la Russie résurgente», a lancé le secrétaire d'État lors d'un discours sur les relations américano-européennes, en amont d'un voyage sur le Vieux Continent la semaine prochaine. Il participera notamment à des réunions de l'OTAN à Bruxelles et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à Vienne.

Alors que l'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, il y a un an, semblait devoir apaiser les relations tendues entre Washington et Moscou, c'est tout l'inverse qui s'est passé. Sur fond de soupçons de collusion entre l'équipe de campagne du milliardaire républicain et la Russie de Vladimir Poutine, qui font l'objet d'une enquête fédérale aux États-Unis, le rapprochement espéré s'est avéré jusqu'ici impossible.

Rex Tillerson, lui-même considéré comme un «ami» de la Russie lorsqu'il dirigeait le géant pétrolier ExxonMobil avant sa nomination au gouvernement, a eu des mots très durs à son égard devant le think tank Wilson Center à Washington.

Les tentatives passées de remettre à plat les relations américano-russes, notamment sous la précédente administration démocrate de Barack Obama, «ont été suivies par l'invasion par la Russie de la Géorgie en 2008 et de l'Ukraine en 2014», a-t-il souligné. «La Russie confirme son attitude agressive à l'égard de ses autres voisins régionaux, en s'ingérant dans les processus électoraux et en promouvant des idéaux non-démocratiques», a-t-il ajouté.

Le conflit en Ukraine reste à ses yeux «l'obstacle persistant» empêchant toute embellie. «Nous n'allons jamais revenir à des relations normales sans solution en Ukraine», a-t-il martelé, promettant de maintenir les sanctions imposées à la Russie à la suite de cette crise tant qu'elle «ne sera pas revenue sur les actes qui les ont déclenchées».

L'arme énergétique

«La crise ukrainienne a aussi montré que l'approvisionnement énergétique pouvait être utilisé comme une arme politique», a ajouté Rex Tillerson. Il a donc fait de la diversification de l'approvisionnement des Européens en gaz naturel et en brut une priorité, promettant de les aider à moins dépendre des Russes.

Le secrétaire d'État s'est toutefois montré quelque peu optimiste sur le front ukrainien, évoquant des contacts entre les émissaires américain et russe pour «sortir de l'impasse», autour d'une proposition russe de force de maintien de la paix. De la même manière, il a évoqué une nouvelle fois des «coopérations» possibles, notamment pour tourner la page de la guerre en Syrie.

Mais «il y a des hauts et des bas», a-t-il dit dans un euphémisme.

Face à la «menace» russe, le ministre a en tout cas réaffirmé, comme l'administration Trump l'avait fait en début d'année après un moment de flottement initial, l'engagement «inattaquable» des États-Unis à garantir la sécurité de leurs alliés européens et de l'OTAN.

Parallèlement, l'homme chargé de mettre en musique le slogan présidentiel «America first», «l'Amérique d'abord», sur le terrain de la politique étrangère a demandé aux Européens d'«accepter une plus grande responsabilité face à leurs défis sécuritaires», appelant les différentes capitales à porter leurs dépenses de défense à 2% de leur PIB. «Il est temps pour nous tous d'honorer cet engagement», a-t-il insisté.

Ainsi, a-t-il déclaré, «les États-Unis et l'Europe seront en meilleure posture pour faire face aux défis qui menacent notre prospérité, aux acteurs qui cherchent à semer le chaos et instiller la méfiance dans nos lois et nos institutions, et aux ennemis qui menacent notre sécurité et s'opposent à notre mode de vie».

Il a aussi demandé à la Turquie, au carrefour de l'Europe et de l'Asie, de «donner la priorité» à ses alliés au sein de l'OTAN, même s'il a dit comprendre qu'Ankara ne puisse «ignorer l'Iran», bête noire de Washington, «en raison de la proximité géographique et des liens culturels». «L'Iran et la Russie ne peuvent pas offrir aux Turcs les bénéfices économiques et politiques que leur apporte l'appartenance à la communauté des nations occidentales», a-t-il affirmé.




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