La Catalogne au ralenti, sous la pression d'indépendantistes

Des groupes de manifestants portant des banderoles indépendantistes... (AP)

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Des groupes de manifestants portant des banderoles indépendantistes et des pancartes réclamant la liberté pour leurs responsables détenus étaient présents à différents points de blocage, comme à la gare de Gérone, où des centaines de personnes ont forcé un barrage policier pour descendre sur les voies et empêcher la circulation des trains.

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Alfons LUNA, Adrien VICENTE
Agence France-Presse
Barcelone, Madrid

L'agitation en Catalogne a gagné mercredi routes et stations ferroviaires, bloquées par des grévistes indépendantistes, alors qu'en Belgique le président destitué Carles Puigdemont, installé à Bruxelles, mettait dans l'embarras le gouvernement de Charles Michel.

Un TGV vers la France a dû faire demi-tour mercredi matin, et à Gérone, des séparatistes ont bloqué des voies ferrées.

Les routes de la région ont été coupées, en début de matinée, à une cinquantaine d'endroits, à l'appel d'associations et d'un syndicat indépendantiste.

Les deux principaux syndicats espagnols, CCOO et UGT, ne soutenaient toutefois pas le mouvement, qui semblait moins suivi que la dernière grève générale dans la région, le 3 octobre, selon des journalistes de l'AFP.

La participation à la grève était «infime», a même affirmé une source de la préfecture à l'AFP.

«L'ambiance est très tranquille», assurait à l'AFP Conchita Cosialls, une grand-mère à la retraite chargée de garder sa petite-fille de sept ans, Adriana, dont l'école était fermée pour cause de grève.

«Le 3 octobre, tout était fermé, mais là il n'y a que deux bars concernés», confiait aussi, non loin de là, une serveuse, ne souhaitant pas donner son nom.

En revanche, sur certaines routes des scènes de tension ont opposé conducteurs et grévistes.

«Aujourd'hui, des millions de Catalans subissent un chantage», a lancé Albert Rivera, chef de file du parti Ciudadanos, principal mouvement d'opposition aux séparatistes, devant les députés à Madrid.

Pour sa part, le chef du gouvernement Mariano Rajoy a martelé que la crise faisait peser un risque d'«appauvrissement» de la région.

Plus de 2000 entreprises ont déplacé leur siège social hors de Catalogne en un mois et le tourisme y montre d'importants signes de ralentissement.

Le parlement catalan a voté le 27 octobre une déclaration unilatérale d'indépendance sur la base des résultats d'un référendum d'autodétermination organisé le 1er octobre par le gouvernement régional de Carles Puigdemont, ignorant son interdiction par la justice.

Selon ses chiffres, invérifiables, le oui à l'indépendance l'a emporté à 90% avec 43% de participation.

Le gouvernement central a réagi en mettant la région sous tutelle, convoquant des élections régionales le 21 décembre et destituant le gouvernement de Carles Puigdemont, un «coup d'État» selon ce dernier.

Controverse en Belgique

Le dirigeant indépendantiste, poursuivi par la justice espagnole pour rébellion et sédition, a fui en Belgique où la justice examine un mandat d'arrêt européen à la demande de l'Espagne.

Quatre membres de son gouvernement destitué l'ont accompagné dans son «exil» belge, tandis que huit autres ont choisi de répondre à une convocation judiciaire et ont été placés en détention provisoire près de Madrid, après leur inculpation.

Les grévistes réclament leur libération, estimant que ce sont des «prisonniers politiques».

Pendant ce temps, en Belgique, le sort de Carles Puigdemont a suscité l'embarras du gouvernement dirigé par Charles Michel dont font partie des nationalistes flamands, pour certains sensibles aux arguments des indépendantistes catalans.

«La crise se situe en Espagne et pas en Belgique», a déclaré le premier ministre devant les députés qui l'ont pressé de questions sur le sujet pendant près d'une heure et demie.

Pas de front indépendantiste

En Catalogne, les partis se mettent aussi en ordre de marche en vue des élections régionales prévues le 21 décembre.

Mardi soir, la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), l'un des trois partis indépendantistes avec le PdeCAT (conservateur) de M. Puigdemont et la Candidature d'unité populaire (CUP) d'extrême gauche, a cependant écarté l'option, réclamée par Carles Puigdemont, d'un front commun indépendantiste.

Lors des dernières élections régionales en septembre 2015, la coalition «Ensemble pour le oui» avait réussi à rassembler les deux principales formations indépendantistes, le parti de M. Puigdemont et ERC. La CUP s'était présentée seule.

Au total, ces trois partis avaient obtenu la majorité en sièges, mais pas en voix, avec 47,8% des suffrages, mais 72 sièges sur 135 au parlement régional.

Les opposants aux indépendantistes espèrent que le ras-le-bol d'une partie de la société catalane, profondément divisée sur la question de l'indépendance, leur sera favorable.

«J'espère que "les élections" marqueront le début d'une nouvelle étape», a déclaré Mariano Rajoy.

Mais si les Catalans donnent à nouveau une majorité aux séparatistes, «accepterez-vous le résultat du vote des Catalans?», a demandé mardi M. Puigdemont aux dirigeants de l'Union européenne.

Les sondages prédisent pour l'instant un résultat très serré.




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