Russie: sitôt libéré, l'opposant Navalny repart en campagne

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Alexei Navalny à l'aéroport international Domodedovo après sa libération, le 22 octobre à Moscou.

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Anaïs LLOBET
Agence France-Presse
MOSCOU

Le principal opposant au Kremlin Alexeï Navalny a été libéré dimanche après 20 jours en prison et s'est aussitôt rendu à Astrakhan pour manifester contre le président Vladimir Poutine qu'il espère affronter à la présidentielle de mars prochain.

« Salut ! Je suis sorti » du centre de détention, a écrit sur Instagram l'avocat et blogueur anticorruption de 41 ans, avec une photo le montrant dans la rue.

Candidat déclaré à la prochaine présidentielle, Alexeï Navalny a ajouté qu'il était « prêt à travailler ». Il s'est aussitôt rendu à un rassemblement à Astrakhan, à 1200 km au sud-ouest de Moscou, auquel les autorités locales avaient cette fois donné leur aval.

Sous la pluie, environ 300 personnes, dont de nombreux jeunes, ont écouté Alexeï Navalny marteler son opposition au Kremlin, selon une retransmission en direct sur YouTube du rassemblement qui s'est achevé vers 15 h GMT (11 h, HE). « A-t-on besoin de ce genre de pouvoir qui se moque de nous? Non, et c'est pour ça que je suis candidat, le bon candidat pour Astrakhan », a-t-il lancé.

Inéligible

Avec de telles manifestations, Alexeï Navalny tente de mener campagne en vue de la présidentielle du printemps 2018, bien que mardi, la présidente de la commission électorale centrale, Ella Pamfilova, ait déclaré qu'il était inéligible jusqu'en 2028 en raison d'une condamnation de justice.

À moins de six mois du scrutin, pour lequel Vladimir Poutine ne s'est pas encore officiellement déclaré candidat, l'opposant compte en effet continuer à multiplier les déplacements et les manifestations pour élargir sa base électorale, essentiellement concentrée à Moscou.

Peu après sa condamnation à 20 jours de prison, il avait ainsi appelé à manifester le 7 octobre, jour de l'anniversaire du chef de l'État russe. Des milliers de personnes s'étaient réunies dans plusieurs villes et au moins 270 avaient été arrêtées.

En dépit du silence des médias publics nationaux, ses rassemblements avaient également regroupé en mars et en juin des dizaines de milliers de personnes, souvent très jeunes, à travers la Russie, et débouché sur des centaines d'arrestations.

Ces manifestations du printemps, interdites par les autorités, ont valu deux autres condamnations à Alexeï Navalny à de courtes peines : 15 jours pour l'organisation de la manifestation de mars, puis 25 jours pour celle de juin.

L'opposant, qui a ouvert des dizaines de bureaux de campagne en province dans la foulée du succès de ces rassemblements, est souvent la cible d'agressions. Il fait aussi l'objet de plusieurs poursuites judiciaires visant, selon ses partisans, à entraver ses ambitions politiques.

« Protester, manifester, faire quelque chose, c'est le bon choix, le choix le plus rationnel pour tous », a-t-il déclaré dimanche dans une vidéo publiée dès sa sortie de prison. « Il y a des choses pour lesquelles cela vaut le coup de passer un moment en prison. »

Nouvelle rivale

Résolu à mener campagne contre Vladimir Poutine, Alexeï Navalny doit maintenant composer avec un autre coup de théâtre survenu pendant sa détention : l'annonce mercredi soir de la candidature de Ksenia Sobtchak, une vedette de télévision proche de l'opposition.

Cette candidature, que de nombreux médias et analystes ont qualifiée de « coup monté » du Kremlin, risque de diviser davantage les rangs des adversaires à Vladimir Poutine.

Dès septembre, alors que cette candidature n'était encore qu'hypothétique, Alexeï Navalny l'avait ainsi vertement critiquée, dénonçant un « plan du Kremlin » et qualifiant de « caricature de candidat libéral » Ksenia Sobtchak, fille du mentor politique du président russe, l'ex-maire de Saint-Pétersbourg Anatoli Sobtchak (décédé en 2000).

« Pour l'instant je ne veux pas faire de commentaire », a-t-il déclaré dimanche à sa sortie de prison, cité par l'agence de presse Interfax.

En retour, cette femme de 35 ans, qui affirme être une candidate « contre tous », l'avait accusé de vouloir garder « le monopole de l'opposition ». Elle a cependant ensuite affirmé mercredi soir qu'elle retirerait sa candidature si Alexeï Navalny était autorisé à se présenter en mars.

Sorti de prison, Alexeï Navalny pourrait désormais avoir l'occasion de se positionner clairement face à cette nouvelle rivale, qui a incarné la jeunesse dorée de la première décennie de l'ère Poutine, avant de se rapprocher de l'opposition au moment des manifestations de 2011-2012.




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