L'UE propose d'accueillir 50 000 réfugiés de l'Afrique et du Moyen-Orient

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Les «arrivées irrégulières» sur les côtes européennes force l'UE à augmenter ses efforts pour améliorer les voies légales vers l'Europe et la réinstallation des réfugiés, a fait valoir mercredi le commissaire européen chargé des Migrations.

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Cédric SIMON
Agence France-Presse
BRUXELLES

La Commission européenne a fixé mercredi l'objectif d'accueillir «au moins 50 000» réfugiés en deux ans dans l'UE directement depuis des pays tiers comme la Libye ou le Niger, pour offrir une alternative «sûre et légale» à la périlleuse traversée de la Méditerranée.

Ce nouveau cap a été défini le jour même de la fin d'un programme controversé de quotas d'accueil de demandeurs d'asile depuis l'Italie et la Grèce, lancé en 2015 pour soulager ces deux pays en première ligne face à une crise migratoire sans précédent.

Ce plan de «relocalisation», désormais fermé aux nouveaux arrivants, a permis de répartir environ 29 000 personnes depuis ces deux pays, sur un objectif initial de 160.000. Son bilan pourrait être porté à 37 000 avec les demandeurs d'asile attendant leur transfert.

Ce qu'a proposé mercredi la Commission concerne un dispositif différent, dit de «réinstallation», qui consiste à organiser directement l'accueil de réfugiés depuis des pays en dehors de l'Europe, avant qu'ils ne se lancent dans des périples dangereux et trop souvent mortels.

Les «arrivées irrégulières» sur les côtes européennes «ont chuté de manière drastique», a fait valoir mercredi le commissaire chargé des Migrations, Dimitris Avramopoulos.

«Nous devons donc augmenter nos efforts pour améliorer des voies légales» vers l'Europe et «la réinstallation doit devenir la voie préférentielle pour les réfugiés afin d'obtenir une protection», a-t-il dit.

10 000 euros par réfugié

L'exécutif européen «recommande un nouveau programme pour acheminer en Europe au moins 50 000 des personnes les plus vulnérables ayant besoin d'une protection internationale dans les deux prochaines années».

Un budget de 500 millions d'euros a été «mis de côté» pour soutenir les pays qui accepteront d'accueillir des réfugiés, à raison d'une aide de 10 000 euros par personne.

«Une attention accrue devrait être portée sur la réinstallation» de personnes depuis «la Libye, l'Égypte, le Niger, le Soudan, le Tchad et l'Éthiopie», a insisté la Commission, tout en encourageant à poursuivre les réinstallations depuis la Turquie et le Moyen-Orient.

Contrairement aux quotas de «relocalisations», qui avaient été décidés par les pays de l'UE par un vote majoritaire au prix de vives controverses, les «réinstallations» depuis des pays tiers relèvent du choix discrétionnaire des États membres, que Bruxelles ne peut qu'encourager à offrir des places d'accueil.

Lors des deux années écoulées, les pays européens ont ainsi procédé à l'accueil de 23 000 réfugiés, pour la plupart depuis la Turquie et le Moyen-Orient.

Pour l'heure, seulement onze États membres ont répondu à l'appel de Bruxelles d'offrir de nouvelles places, lancé en juillet, promettant «jusqu'ici» 14 000 places, a précisé mercredi la Commission.

Réformer Dublin

L'exécutif européen a aussi une nouvelle fois appelé les États membres à adopter rapidement une «réforme durable» des règles communes de l'asile en Europe, enlisée depuis plus d'un an.

Le plan de «relocalisation» constituait une dérogation temporaire au «système Dublin», qui confie au pays d'arrivée dans l'UE la responsabilité de traiter une demande d'asile. Bruxelles, qui a renoncé à l'idée de quotas permanents, propose de conserver la responsabilité des pays d'arrivée, mais avec un «mécanisme correcteur» pour aider un pays qui serait confronté à un afflux massif.

Dans ce cas, des obligations de «solidarité» seraient déclenchées pour les autres pays. Mais les négociations sur ce point tournent en rond, en raison du refus catégorique de pays comme la Hongrie et la Pologne que ces obligations puissent inclure l'accueil de réfugiés.

Les États membres ont aussi été appelés à être beaucoup «plus efficaces» dans les renvois des migrants ne pouvant pas prétendre à l'asile en Europe.

Leur nombre devrait atteindre 1,5 million de personnes «dans un futur proche», d'après la Commission. Et selon les dernières statistiques officielles disponibles, seulement 36% des migrants sont effectivement renvoyés après avoir fait l'objet d'une décision en ce sens.

La Commission propose de «renforcer significativement» le département chargé des «retours» au sein de l'Agence européenne de gardes-frontières, créée en 2016, pour coordonner les actions des pays membres.

Elle enjoint aussi les Européens à utiliser «tous les instruments d'incitation et les leviers disponibles» pour pousser les pays d'origine des migrants illégaux à coopérer pour organiser ces «retours», en utilisant notamment leurs politiques d'attribution de visas.




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