Catalogne: Madrid s'attaque à la logistique du référendum interdit

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Entourée d'agents de la Garde civile, une femme manifeste son désir de voter, à Barcelone.

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Daniel BOSQUE, Michaëla CANCELA-KIEFFER
Agence France-Presse
Barcelone

Les forces de l'ordre espagnoles ont entrepris mardi de «neutraliser» les bureaux de vote prévus pour le référendum d'autodétermination interdit en Catalogne, le chef du gouvernement Mariano Rajoy appelant de son côté depuis Washington à «un retour au bon sens».

Alors que la Catalogne n'était pas officiellement au menu des discussions mardi à Washington entre Mariano Rajoy et Donald Trump, le président américain en a profité pour apporter son soutien à son hôte en déclarant que «l'Espagne est un grand pays et qu'elle devrait rester unie».

«Je pense vraiment que le peuple de Catalogne choisirait de rester en Espagne (...) Je pense que ce serait idiot de ne pas le faire. Il s'agit de rester dans un grand pays, magnifique, avec une véritable histoire», a-t-il insisté dans une allocution à ses côtés à la Maison-Blanche.

À J-5, le bras de fer entre Madrid et les dirigeants séparatistes de la Catalogne s'est aussi poursuivi sur le terrain de la logistique pour l'organisation du vote, attaquée sur tous les fronts par la justice.

Le parquet de Catalogne a ordonné à la police régionale de procéder à l'identification des responsables des bureaux de vote qui devraient servir au référendum de dimanche.

Le procureur a demandé «à ce qu'ils soient entendus comme témoins pour qu'ils remettent la documentation qu'ils possèdent en rapport avec les faits, et afin d'être avertis concernant leur obligation de ne pas céder les centres pour la tenue du référendum».

En s'attaquant aux bureaux de vote, le parquet semble poursuivre la mise en oeuvre d'un plan visant tous les mécanismes du référendum. Depuis la mi-septembre, il a menacé de poursuites les maires qui prêteraient des locaux et désormais aussi les responsables d'autres institutions: écoles, centres de santé...

La commission électorale a dû démissionner en bloc, la Cour constitutionnelle ayant menacé ses membres d'amendes journalières de 12 000 euros. L'équipe organisatrice est par ailleurs déjà mise en examen.

Des gens écoutent une vidéoconférence de Julian Assange... (REUTERS) - image 2.0

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Des gens écoutent une vidéoconférence de Julian Assange sur le campus de l'Université de Barcelone.

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Bataille de communication

La police et la Garde civile ont aussi saisi près de 10 millions de bulletins de vote et quelque 45 000 convocations d'assesseurs. Et déjà 59 sites internet de promotion ou d'information sur le référendum ont été fermés.

Face à ces actions, les autorités séparatistes au pouvoir dans cette région de 7,5 millions d'habitants dénoncent des méthodes «répressives». «Le site de la fondation Franco (l'ancien dictateur, ndlr) est toujours opérationnel», mais pas ces sites, s'est plaint mardi le porte-parole du gouvernement régional catalan Jordi Turull.

Les séparatistes se félicitent aussi de la parution dans plusieurs médias étrangers, y compris conservateurs, d'éditoriaux favorables à un référendum légal ou à davantage de flexibilité de la part de Madrid.

Le médiatique fondateur de WikiLeaks Julian Assange a lui aussi critiqué Madrid.

Dans un message vidéo retransmis à Barcelone, il a mis en garde Madrid: «La question est de savoir ce que représente la répression d'un peuple à l'ère moderne». «Est-il possible qu'un que les services desécurité d'un État répriment un mouvement démocratique sérieux ou pas», a-t-il demandé, assurant que la situation «sera regardée de près par les autres États occidentaux».

De source diplomatique espagnole, on indique «avoir conscience de cette affirmation selon laquelle nous serions en train de perdre la bataille de la communication».

Le gouvernement assure qu'il ne fait qu'appliquer la Constitution, qui n'autorise pas ce type de consultation, comme en France ou en Italie.

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Mariano Rajoy était l'invité de Donald Trump, mardi, à la Maison-Blanche.

REUTERS

«On va se les faire» 

M. Rajoy, qui devait participer à un sommet informel des chefs d'État et de gouvernement de l'UE vendredi à Tallinn, en Estonie, a préféré annuler. Le gouvernement a en outre aussi reporté l'adoption en conseil des ministres, attendue vendredi, du projet de loi sur le budget de 2018.

Une tension palpable a envahi l'Espagne.

En Andalousie et ailleurs, notamment à Santander, des détachements de la Garde civile en partance pour la Catalogne ont été salués par des habitants agitant des drapeaux espagnols. «On va se les faire!», a scandé lundi la foule dans la ville de Huelva.

«C'est indigne d'une société civilisée», s'est indigné Carles Campuzano, un élu du PDeCAT, parti indépendiste et conservateur catalan.

De leur côté, des Catalans offraient spontanément des oeillets rouges à la police régionale à Barcelone.

Selon El Pais, le gouvernement espagnol a mobilisé les deux tiers des policiers anti-émeutes espagnols, soit quelque 2000 agents, tous dépêchés en Catalogne. Au total, plus de 10 000 membres des forces de l'ordre y seront déployés en vue du référendum.

«Quelles que soient les ardeurs guerrières... le 1er octobre aura bien lieu», a prévenu le porte-parole du gouvernement catalan, lançant aux opposants au référendum: «ils perdent leur temps».




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