Alpes suisses: six randonneurs retrouvés, 8 toujours portés disparus

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L'accident est survenu mercredi à 09h30. Une masse rocheuse de quatre millions de mètres cubes de roches s'est détachée de la paroi du Piz Cengalo et s'est déversée dans une vallée derrière le petit village de Bondo, à proximité de la frontière italienne.

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Miguel MEDINA, Agnès PEDRERO
Agence France-Presse
Bondo et Genève

Huit randonneurs étaient toujours portés disparus jeudi dans les Alpes suisses après un glissement de terrain qui a ravagé une partie du village de Bondo, près de l'Italie, et forcé sa centaine d'habitants à évacuer en urgence.

Selon la police cantonale des Grisons, les huit randonneurs allemands, autrichiens et suisses «n'ont pas pu être retrouvés» pour le moment.

Le ministère autrichien des Affaires étrangères a indiqué qu'un couple figurait parmi les alpinistes disparus. Selon le journal suisse Blick, il y aurait également quatre Allemands et deux Suisses.

Par ailleurs, un groupe de six randonneurs, dont les proches craignaient qu'ils n'aient été emportés par l'impressionnante coulée de boue et de roches, ont été retrouvés en Italie, d'où ils n'avaient pas bougé.

Les autorités ont mis sur pied une zone d'exclusion aérienne d'un rayon de 5 km pour faciliter le travail des sauveteurs.

Selon Blick, citant un porte-parole de la police, les téléphones portables ne passent pas partout dans cette région. «Nous espérons que c'est la raison pour laquelle nous n'avons pas pu contacter les personnes disparues», a expliqué ce porte-parole, Markus Walser.

L'accident est survenu mercredi à 09H30 (07H30 GMT). Une masse rocheuse de quatre millions de mètres cubes s'est détachée de la paroi du Piz Cengalo et s'est déversée dans une vallée en direction du petit village de Bondo, à proximité de la frontière italienne, a expliqué Martin Keize, à la Direction des forêts et des risques naturels des Grisons.

Village évacué

Alertés par un «système d'alarme dans la montagne, la police et les pompiers ont évacué» les habitants du village, a expliqué à l'AFP une porte-parole de la police des Grisons, Chiarella Piana.

Une centaine de personnes ont quitté en urgence le village, certaines par hélicoptère. Deux refuges ont également été évacués.

Des habitants ont pu être hébergés dans des hôtels des environs, notamment dans le village de Castasegna, à la frontière italienne.

«Six habitants de Bondo ont passé la nuit chez moi. Aujourd'hui, il en reste encore deux», a déclaré à l'AFP Angela Gianotti, responsable de l'hôtel Garni Post à Castasegna. À propos des 8 randonneurs portés manquants, elle a ajouté que selon le responsable du refuge Sciora, situé au-dessus de Bondo, «ils étaient partis mercredi matin en groupes de 2, 2 et 4, mais qu'ils n'avaient plus donné de nouvelles».

D'autres habitants de Bondo ont trouvé refuge chez des particuliers.

«Quatre habitants de Bondo doivent arriver aujourd'hui chez moi», a déclaré à l'AFP Simona Rauch, pasteur de l'Église réformée dans cette région du Val Bregaglia.

Une trentaine a également été hébergée dans le centre sanitaire de Bregaglia, juste en face de Bondo, a indiqué à l'AFP son directeur, Alain Vetterli. «Certains sont venus en voiture, d'autres en hélicoptère», a-t-il dit. Depuis, une quinzaine, essentiellement des touristes venus d'autres régions suisses sont repartis.

Au total, douze bâtiments ont été endommagés ou détruits, dont cinq à Bondo, selon la police. La route principale de la vallée sud des Grisons, reliant Stampa à Castasegna, a été fermée.

Les résidents ne peuvent pas retourner dans leur maison. Une réévaluation de la situation par les autorités aura lieu vendredi à 10h00, heure locale.

«Ni eau ni électricité»

«Les gens sont partis immédiatement en laissant tout derrière eux. Pour l'instant il n'y a ni eau ni électricité dans le village de Bondo», a indiqué Mme Rauch.

Sur des vidéos, on voit une importante coulée de boue dévaler le flanc de la montagne, telle une avalanche, et détruire tout sur son passage.

«Hier matin, à l'heure du petit-déjeuner, mes clients et moi avons vu des rochers se détacher de la montagne en face et glisser vers Bondo, dans un gros nuage de fumée. J'ai immédiatement prévenu la commune», a raconté à l'AFP Christian Speck, gérant de l'hôtel Palazzo Salis à Soglio, à quelques kilomètres en face de Bondo.

Selon le service sismologique suisse, les «vibrations» équivalaient à un séisme de magnitude 3.

Cet «événement était attendu» depuis plusieurs années, car des chutes de pierre avaient été enregistrées dans la zone en 2011, 2012, 2016 et le 21 août 2017, explique le service sismologique suisse sur son site internet.

Un gros éboulement s'était déjà produit fin 2011 au Piz Cengalo. Environ 1,5 million de mètres cubes de roches étaient tombées dans une vallée inhabitée.

À la suite de cet incident, le système d'alarme automatique a été installé.

En Suisse, le dernier glissement de terrain mortel remonte à novembre 2014: deux personnes avaient été tuées et quatre blessées après l'effondrement d'un bâtiment dans le canton du Tessin.

En octobre 2000, douze personnes étaient mortes et quatre autres portées disparues, après des inondations et des glissements de terrain dans le canton du Valais.

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Un hélicoptère survole Bondo, à la recherche des alpinistes portés disparus.

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Village évacué 

La police a immédiatement procédé à l'évacuation du village au cas où d'autres glissements de terrain ou coulées de boue se produiraient. Une centaine de personnes ont été évacuées, dont certaines par hélicoptère. Deux refuges alpins ont également été évacués.

Des habitants ont pu être hébergés dans des hôtels des environs, notamment dans le village de Castasegna, à la frontière italienne.

D'autres ont trouvé refuge chez des particuliers.

«Quatre habitants de Bondo doivent arriver aujourd'hui chez moi», a déclaré Simona Rauch, pasteur de l'Église réformée dans cette région du Val Bregaglia, qui réside dans le village de Vicosoprano, à 7 km de Bondo.

«Beaucoup ont passé la nuit dans la Maison de retraite de Spino, un village juste en face de Bondo», a-t-elle ajouté.

Au total, douze bâtiments ont été endommagés ou détruits, dont cinq à Bondo, selon la police. La route principale de la vallée sud des Grisons, reliant Stampa à Castasegna, a été fermée au trafic.

Les résidents ne peuvent pas retourner dans leur maison jusqu'à nouvel ordre. Une réévaluation de la situation par les autorités aura lieu vendredi à 10h00.

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Une image aérienne montre les dégâts dans la ville de Bondo.

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«Ni eau, ni électricité»

«Les gens sont partis immédiatement en laissant tout derrière eux. On ne sait pas combien de temps ils vont devoir rester en dehors de chez eux, car pour l'instant il n'y a ni eau, ni électricité dans le village de Bondo», a indiqué Mme Rauch.

Sur des vidéos, on voit une importante coulée de boue dévaler le flanc de la montagne, telle une avalanche, et détruire tout sur son passage.

Selon le service sismologique suisse, la chute de roches et de pierres, à l'origine de la coulée de boue, a été si forte qu'elle a produit des «vibrations» que les sismomètres ont pu enregistrer «dans toute la Suisse». L'événement a duré une minute et équivaut à un tremblement de terre de magnitude 3.

Cet «événement était attendu» depuis plusieurs années «par les autorités» car des chutes de pierre avaient été enregistrées dans la zone en 2011, 2012, 2016 et le 21 août 2017, explique le service sismologique suisse sur son site internet.

Un gros éboulement s'était déjà produit en 2012 au Piz Cengalo. Près de quatre millions de mètres cubes de roches s'étaient détachées, soit l'équivalent de 4000 maisons individuelles. Les pierres étaient tombées dans une vallée inhabitée.

À la suite de l'incident, un système d'alarme automatique avait été installé. Celui-ci s'est bien déclenché mercredi matin.

En Suisse, le dernier glissement de terrain mortel remonte à novembre 2014: deux personnes avaient été tuées et quatre blessées après l'effondrement d'un bâtiment à Davesco-Soragno dans le canton du Tessin.

En octobre 2000, douze personnes étaient mortes et quatre autres portées disparues, après des inondations et des glissements de terrain dans la région suisse du Valais.




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