Une performance artistique allemande provoque l'ire d'Ankara

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Un collectif allemand a installé une berline noire devant la chancellerie fédérale à Berlin et déployé une banderole indiquant : «Tu veux cette voiture? Tue la dictature!».

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Agence France-Presse
Istanbul

La Turquie a vivement condamné une performance artistique allemande appelant à «tuer la dictature», incarnée notamment par le président Recep Tayyip Erdogan, et appelé Berlin à «prendre des dispositions» contre l'exposition.

«Nous condamnons fermement le dispositif installé devant la  fédérale à Berlin qui comprend une banderole prenant pour cible plusieurs dirigeants internationaux, dont notre président», a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.

La performance incriminée par Ankara a été initiée lundi par un collectif allemand, le «Centre pour la beauté politique», rassemblé autour du philosophe et artiste Philipp Ruch, abonné aux actions spectaculaires.

Le collectif a installé une berline noire devant la chancellerie et déployé une banderole indiquant : «Tu veux cette voiture? Tue la dictature!». À côté du message figurent les portraits des dirigeants turc Recep Tayyip Erdogan, russe Vladimir Poutine et saoudien le roi Salmane.

La performance vise à protester contre la venue des deux premiers en Allemagne à l'occasion du G20 qui s'y tient vendredi et samedi. Le roi Salmane, qui devait initialement s'y rendre, a annulé sa participation.

«Cette banderole est une incitation directe à la violence», a estimé le ministère turc des Affaires étrangères, appelant «instamment les autorités allemandes à prendre les dispositions nécessaires contre cette situation».

Le ministère a par ailleurs indiqué avoir transmis le «malaise» de la Turquie à l'ambassade d'Allemagne à Ankara. Une note diplomatique a également été transmise au ministère allemand des Affaires étrangères par l'ambassade turque à Berlin.

Ce nouvel accès de colère d'Ankara survient alors que les relations entre l'Allemagne et la Turquie traversent une zone de fortes turbulences, en particulier depuis le printemps dernier.

Le gouvernement allemand s'est dit opposé la semaine dernière à la tenue d'un meeting de M. Erdogan et ses partisans en marge du G20, suscitant le mécontentement d'Ankara.

Autre sujet de tension, le cas de Deniz Yücel, un journaliste binational incarcéré depuis février en Turquie où il est accusé d'«espionnage» et d'activités «terroristes».

Début juin, Berlin a décidé de retirer ses troupes déployées sur la base turque d'Incirlik (sud), en réaction à l'interdiction faite aux parlementaires allemands de se rendre sur cette base de l'OTAN.

Le «Centre pour la beauté politique» a déjà fait grincer des dents en Turquie. Le week-end dernier, le collectif a ainsi dispersé des tracts dans le centre d'Istanbul appelant en turc à «défendre la démocratie» contre «le dictateur Erdogan».




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