Macron remanie son gouvernement après le départ de ministres

Emmanuel Macron dans l'entrée du palais de l'Élysée, mercredi.... (PHOTO AFP)

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Emmanuel Macron dans l'entrée du palais de l'Élysée, mercredi.

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Gersende RAMBOURG
Agence France-Presse
Paris

Le président français Emmanuel Macron a remanié mercredi son gouvernement, intégrant des personnalités peu connues du monde politique, après le départ inattendu de quatre ministres en trois jours, rattrapés par des affaires.

Formée après les élections législatives qui ont doté dimanche le président centriste d'une majorité parlementaire très confortable, la nouvelle équipe présentée est plus étoffée que la précédente, avec 30 membres contre 23 précédemment.

Elle compte autant que femmes que d'hommes et une majorité de personnalités issues de la société civile (17).

Par rapport au premier gouvernement dirigé par Edouard Philippe, sa deuxième équipe compte cinq nouveaux ministres.

Parmi eux, Florence Parly, 54 ans, haut-fonctionnaire spécialiste des questions budgétaires plutôt marquée à gauche - elle a été secrétaire d'État dans le gouvernement du premier ministre socialiste Lionel Jospin -, va succéder au ministère des Armées à Sylvie Goulard.

Issue du parti centriste MoDem allié du président Emmanuel Macron, actuellement visé par une enquête sur des emplois présumés fictifs au Parlement européen, Mme Goulard avait préféré renoncer à son poste pour «démontrer librement (sa) bonne foi.

Son départ a été suivi de celui de deux autres ministres issu du MoDem, dont le chef de file de cette formation, François Bayrou, allié clé d'Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, transformant un remaniement qui ne devait être que «technique» en changement plus substantiel.

Si le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, conserve son portefeuille auquel est adjoint celui de l'Europe, une nouvelle venue, la diplomate Nathalie Loiseau, directrice de la grande école d'administration ENA, est plus spécifiquement chargée à ses côtés de ces affaires européennes à la place de Marielle de Sarnez, autre MoDem concernée par les affaires.

Un autre ministre proche du président Macron, l'ancien socialiste Richard Ferrand, pour sa part mis en cause par la justice dans une affaire de favoritisme présumé, a lui aussi été écarté. Il compte briguer la tête du groupe La République en marche (REM, le parti du président) à l'Assemblée nationale.

Dans la nouvelle équipe annoncée mercredi soir, il a été remplacé dans ses fonctions de ministre de la Cohésion des territoires par Jacques Mézard, précédemment ministre de l'Agriculture, lui-même été remplacé par un nouvel entrant, un ancien député socialiste, Stéphane Travert.

La juriste Nicole Belloubet succède de son côté au poste de ministre de la Justice à François Bayrou.

Autre nouveau visage, Jacqueline Gourault, sénatrice MoDem, occupe un nouveau poste, celui de ministre auprès du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, un fidèle du président reconduit à son poste.

Affaire embarrassante 

L'enquête visant le MoDem, ouverte le 9 juin pour «abus de confiance et recel», doit déterminer si la formation a salarié des collaborateurs travaillant en France avec des contrats d'assistants parlementaires européens.

L'affaire était d'autant plus embarrassante que M. Bayrou a piloté un projet de loi, qu'il a présenté la semaine dernière, sur la moralisation de la vie publique, un des chantiers prioritaires du chef de l'État après une campagne présidentielle entachée par les affaires.

Celles-ci ont touché notamment le candidat de droite François Fillon, soupçonné d'avoir fait bénéficier son épouse et ses enfants d'emplois fictifs.

Plusieurs responsables politiques avaient appelé le premier ministre Edouard Philippe à «exiger» le départ de M. Bayrou. Selon un sondage Harris interactive, 57% des Français souhaitaient aussi qu'il quitte le gouvernement.

En annonçant à l'AFP sa «décision de ne pas faire partie du prochain gouvernement», François Bayrou a assuré qu'elle ne lui avait pas été dictée. Il a également affirmé, lors d'une conférence de presse dans l'après-midi, ne pas vouloir gêner le gouvernement, en l'exposant à «une campagne mensongère».

C'est «un choix personnel» qui «simplifie la situation», a réagi le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner.

«M. Macron s'est servi de M. Bayrou pendant la campagne présidentielle et, maintenant qu'il a une majorité sans le MoDem, il le jette comme un vieux torchon», a raillé Marine Le Pen, présidente du parti d'extrême droite Front national (FN), battue par Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle.

Le FN est lui aussi visé par une enquête sur des emplois fictifs d'assistants parlementaires européens.

Dans la soirée, le premier ministre Edouard Philippe a assuré que le MoDem, qui compte deux nouveaux entrants au gouvernement, restait «un des piliers» de la majorité.

Jeudi matin, le nouveau gouvernement devait se retrouver pour son premier Conseil des ministres avec, à l'ordre du jour, la loi antiterroriste, censée prendre le relais de l'état d'urgence après sa sixième prolongation




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