Theresa May brille par son absence au grand débat électoral

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Theresa May a participé lundi soir à un débat télévisé diffusé par Channel 4 et Sky News.

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Edouard GUIHAIRE, Jacques KLOPP
Agence France-Presse
Londres

À huit jours des législatives au Royaume-Uni, la première ministre Theresa May a brillé par son absence au grand débat électoral où elle a été critiquée de toutes parts, alors qu'elle traverse déjà une passe difficile.

«Un signe de faiblesse», selon Jeremy Corbyn, le leader de l'opposition travailliste. «Un acte de lâcheté extrême», a même glissé la chef des Verts, Caroline Lucas: Mme May a dû avoir les oreilles qui sifflaient lors de ce grand rendez-vous cathodique réunissant les leaders des sept principaux partis.

Représentée par sa ministre de l'Intérieur, Amber Rudd, la première ministre a raté l'occasion de répondre directement aux nombreuses attaques frontales, devant des millions de téléspectateurs branchés sur la BBC.

Plus tôt mercredi, Mme May, qui avait prévenu dès l'annonce du scrutin qu'elle ne participerait à aucun débat, a seulement expliqué qu'elle préférait échanger avec des électeurs que «se chamailler avec d'autres leaders de parti».

Sans convaincre. «Elle a convoqué ces législatives anticipées pour son propre bénéfice et celui du Parti conservateur et elle est trop effrayée pour débattre avec nous», a persiflé le leader du parti libéral-démocrate, Tim Farron.

La séquence tombe à un moment déjà délicat pour Mme May et son parti. Lorsqu'elle a convoquée en avril ce scrutin anticipé, un raz-de-marée était promis aux Tories.

Avec vingt points d'avance sur le Labour dans les sondages, ils avaient largement de quoi remplir l'objectif annoncé: muscler leur majorité au Parlement, actuellement de 17 sièges, afin d'avoir les coudées franches pour négocier le Brexit.

Mais la campagne a depuis été marquée par plusieurs trous d'air. Il y a eu d'abord la présentation du programme des Tories qui s'est soldée par une polémique, désastreuse en termes d'image, sur un projet controversé de réforme des aides sociales aux personnes âgées.

«Liar Liar»

Dans le sillage de ce fiasco, les critiques ont rejailli de plus belle sur les coupes budgétaires imposées par le gouvernement conservateur dans les services publics depuis 2010, le parti europhobe Ukip l'accusant même d'être en partie responsable de l'attentat de Manchester qui a fait 22 morts le 22 mai.

Symbole de la tempête essuyée par Mme May: Liar Liar, une chanson l'accusant d'aligner les mensonges, fait un carton depuis cinq jours au Royaume-Uni au point d'être en course pour terminer la semaine en tête des ventes.

Ces difficultés se traduisent dans les sondages par un resserrement entre les conservateurs et le Labour. Selon une enquête ITV-Survation publiée mardi, le parti de Mme May (43%) ne dispose plus que de six points d'avance sur le Labour (37%).

D'après des projections réalisées par l'institut YouGov et publiées mercredi par le quotidien The Times, les conservateurs pourraient même perdre 20 sièges, tandis que les travaillistes en gagneraient une trentaine.

Les conservateurs resteraient certes la première force au Parlement, mais un tel résultat les priverait de la majorité.

Le Times prévient toutefois que ces projections, réalisées en l'espace d'une semaine auprès de 50 000 personnes, comportent une «forte marge d'erreur», un autre scénario évoquant par exemple une nette victoire des Tories.

À défaut de donner avec certitude le nom du vainqueur, cette enquête souligne à quel point l'écrasante victoire des Tories semble loin d'être acquise et explique, selon certains observateurs, le récent durcissement du ton de Theresa May à l'égard de Jeremy Corbyn.

En déplacement à Wolverhampton mardi, Mme May a douté de la capacité de Jeremy Corbyn à affronter les difficiles négociations sur le Brexit, déclarant que s'il devenait Premier ministre, il se retrouverait «tout seul et tout nu dans la salle de négociations de l'Union européenne».

L'intéressé a réagi lors d'une conférence de presse à Londres en jugeant ces propos «totalement déplacés», et riposté en accusant Theresa May de vouloir engager un rapport de force avec Bruxelles susceptible de coûter cher au Royaume-Uni.




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