Attentat de Manchester: enquête sur d'éventuels dysfonctionnements

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Alice TIDEY
Agence France-Presse
Manchester

Une semaine après l'attentat suicide à Manchester, la police britannique a arrêté lundi un 14e suspect et les services de renseignement enquêtaient sur la façon dont ont été traités plusieurs signalements de Salman Abedi avant qu'il ne passe à l'acte.

La police a par ailleurs publié une nouvelle photo du kamikaze avec une grande valise bleue à roulettes. Elle n'a pas été utilisée dans l'explosion qui a tué 22 personnes, dont sept mineurs, mais l'auteur a été vu avec dans le centre-ville le jour de l'attentat, a indiqué la police en lançant un nouvel appel à témoin.

«Nous n'avons aucune raison de penser que cette valise ou son contenu aient un caractère dangereux, mais nous appelons tout de même le public à la prudence», a commenté un des responsables de la police de Manchester, Russ Jackson.

La police a par ailleurs confirmé qu'une opération de fouille avait lieu dans décharge d'ordures à Pilsworth, au nord de la ville, sans donner plus de détails. Des images aériennes des chaînes de télévision montraient des enquêteurs vêtus de combinaisons blanches ratisser les décombres.

L'émotion restait vive dans cette grande ville du nord-ouest de l'Angleterre. Une procession traditionnelle anglicane, dans la matinée de ce jour férié, a commencé par l'énumération des noms des 22 victimes, avant une minute de silence puis une fanfare joyeuse dans les rues du centre.

Dans la soirée, un rassemblement est prévu pour 22h31 précises, soit une semaine pile après l'explosion, sur la place St Ann tapissée de milliers de fleurs, devenue emblématique du chagrin des Mancuniens.

À l'aube, la police a arrêté un nouveau suspect, un homme de 23 ans, à Shoreham-on-Sea, dans le Sussex (sud).

Des complices ayant participé à la préparation de cet attentat, revendiqué par le groupe État islamique, pourraient toujours être en fuite, a rappelé le gouvernement dimanche.

Parallèlement, le MI5 (renseignement intérieur) a ouvert une enquête sur d'éventuels dysfonctionnements au sein du renseignement, puisqu'au moins à trois reprises, des signes de radicalisation du kamikaze avaient été signalés aux autorités.

Mais la ministre britannique de l'Intérieur, Amber Rudd, a mis en garde contre toute «conclusion hâtive» suggérant que les services «auraient loupé quelque chose».

Sécurité au coeur de la campagne

Salaman Abedi, un Britannique d'origine libyenne de 22 ans, s'est fait exploser à la sortie d'un concert de la chanteuse américaine Ariana Grande à la Manchester Arena. Il s'agit de l'attentat le plus meurtrier au Royaume-Uni depuis les attaques dans les transports londoniens en 2005 qui avaient fait 52 morts.

Grâce aux progrès de l'enquête, le niveau d'alerte terroriste au Royaume-Uni a été abaissé samedi de «critique» à «grave», signifiant qu'un attentat est «très probable», mais non plus «imminent».

L'attentat a mis la sécurité au coeur de la campagne pour les législatives du 8 juin, qui a repris vendredi après avoir été suspendue au lendemain de l'attentat.

La lutte contre le terrorisme devrait occuper une bonne partie de l'émission télévisée lundi soir au cours de laquelle la première ministre Theresa May et le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn seront, chacun à leur tour, interrogés par le public.

Samedi soir, la police avait lancé un premier appel à témoin, diffusant deux photos de Salman Abedi issues d'images de vidéosurveillance le montrant le soir de l'attaque. Lunettes sur le nez, sac à dos, il porte une casquette et une doudoune noire.

La police cherche à reconstituer les faits et gestes du kamikaze depuis le 18 mai, date de son retour au Royaume-Uni après un séjour en Libye, évoqué par une source proche de la famille à l'AFP.

Salman Abedi avait loué un appartement dans le centre de Manchester, d'où il s'est rendu à l'Arena. «Ce pourrait bien être l'endroit où a été assemblé l'engin» explosif utilisé pour l'attentat, avait déclaré la police.

La gare Victoria, jouxtant le lieu de l'explosion et fermée depuis, a annoncé la reprise de son activité mardi. Un fonds d'urgence, mis en place pour aider les proches des victimes, a déjà atteint 5,65 millions de livres (6,49 millions d'euros).




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