Turquie: «Côte à côte contre le fascisme», scandent des manifestants

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Des milliers de personnes se dirigent vers le siège du Haut-Conseil électoral (YSK), situé à Istanbul, contestant le résultat du référendum de dimanche.

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Agence France-Presse
ISTANBUL

Au moins deux mille personnes sont descendues dans les rues à Istanbul lundi soir pour contester le résultat du référendum sur l'extension des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, passé à une courte majorité la veille. Au même moment, le Conseil national de sécurité turc annonçait une nouvelle prolongation de trois mois de l'état d'urgence.

«Côte à côte contre le fascisme», scandaient environ 2000 personnes en arpentant les rues de Kadiköy sur la rive asiatique d'Istanbul, se dirigeant vers le siège du Haut-Conseil électoral (YSK). Un millier de personnes étaient simultanément réunies à Besiktas, sur la rive européenne, un autre quartier résolument laïc et anti-Erdogan de la métropole.

Le résultat du scrutin, remporté avec 51,4% des voix, a été immédiatement contesté par les deux principaux partis de l'opposition, le CHP (social-démocrate) et le HDP (prokurde), qui ont dénoncé des «manipulations» pendant le scrutin, annonçant leur intention de demander le recomptage des voix.

En cause, la décision du YSK de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales. L'opposition y a vu une manoeuvre rendant possibles des fraudes.

À Besiktas, les manifestants brandissaient des tracts sur lesquels il était inscrit «Nous avons raison, le non gagnera».

Au cours de leur marche, ils scandaient «le non n'est pas fini», et «le non a gagné», des slogans qui circulent largement sur les réseaux sociaux.

Dans les rues où passaient les manifestants, aux fenêtres des appartements, les gens tapaient sur des casseroles avec des ustensiles de cuisine, en signe de solidarité.

La police est restée globalement discrète lors de ces manifestations tout en mettant en garde contre l'utilisation de slogans jugés insultants.

D'autres manifestations de ce type, plus petites, ont eu lieu un peu partout en Turquie. Les médias turcs ont rapporté que 13 personnes ont été interpellées à Antalya, dans le sud du pays.

Prolongation de 3 mois de l'état d'urgence

Le Conseil national de sécurité turc, dirigé par le président Recep Tayyip Erdogan, s'est prononcé lundi pour une nouvelle prolongation de trois mois de l'état d'urgence en vigueur depuis le putsch avorté de juillet, a rapporté la chaîne de télévision NTV.

La décision a été prise deux jours avant que la mesure n'expire, et au lendemain de la victoire du «oui» au référendum sur le renforcement des pouvoirs du président Erdogan.

«Pour assurer la continuité des mesures de protection de la démocratie, des principes de l'état de droit ainsi que des droits et des libertés, il a été décidé de recommander une extension de l'état d'urgence», a indiqué le Conseil de sécurité dans un communiqué cité par NTV.

L'état d'urgence a déjà été prolongé deux fois, en octobre et en janvier, après avoir été promulgué le 20 juillet, 5 jours après la tentative de putsch.

La décision devait être validée dans la foulée par le conseil des ministres.

Plus de 47 000 personnes ont été arrêtées en vertu de l'état d'urgence, et des dizaines de milliers d'employés du secteur public ont perdu leur travail, ce qui a suscité de vives critiques de l'Occident.




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