Theresa May en Écosse à deux jours du Brexit

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La première ministre britannique Theresa May a prononcé un discours au bureau du Département du développement international situé à East Kilbride, en Écosse, le 27 mars.

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Ouerdya AIT ABDELMALEK
Agence France-Presse
LONDRES

À deux jours du lancement du Brexit, la première ministre britannique Theresa May s'est rendue lundi en Écosse pour répéter que ce n'était « pas le bon moment » pour réclamer l'indépendance, alors que la crise politique continue en Irlande du Nord.

« Ma position n'a pas changé et elle est très simple: ce n'est pas le bon moment d'évoquer un deuxième référendum sur l'indépendance. Au moment de commencer les négociations pour quitter l'Union européenne, nous devrions nous rassembler plutôt que de nous diviser », a souligné Mme May.

La première ministre britannique a rencontré la chef du gouvernement écossais, Nicola Sturgeon, pour la première fois en tête à tête depuis que cette dernière a annoncé, il y a deux semaines, son intention de réclamer un nouveau référendum d'autodétermination pour la fin 2018 ou début 2019.

« Ce serait injuste pour le peuple écossais de lui demander de prendre une décision aussi importante avant que tous les faits ne soient connus et à un moment où personne ne sait quelle sera la situation », a ajouté Mme May, plaidant un renforcement de l'union au moment du Brexit.

Londres va activer mercredi l'article 50 du Traité de Lisbonne qui lancera officiellement le processus de sortie de l'UE, neuf mois après le référendum du 23 juin 2016 où les Britanniques ont voté à près de 52 % pour quitter l'Union.

L'ambassadeur du Royaume-Uni à Bruxelles, Tim Barrow, devrait remettre mercredi en milieu de journée au Conseil européen la lettre, ouvrant ainsi la voie à deux ans de négociations qui mettront fin à 44 ans d'une relation en dents de scie. Au même moment, Mme May s'adressera aux députés britanniques pour leur annoncer que la procédure est lancée.

« Inacceptable »

Le lendemain, le gouvernement britannique publiera le livre blanc du projet de loi baptisé « Grande abrogation » (Great repeal Bill). Il est destiné à abolir le Code de la loi de 1972 qui avait incorporé la législation européenne au droit britannique et à convertir le corpus des lois européennes en lois nationales.

Sur le plan économique, le scénario de négociations qui déraillent et laissent le pays sans accord est loin d'être exclu.

Selon Anand Menon, du groupe de recherche UK in a changing Europe, il y a 50 % de probabilité que les négociations échouent, laissant le pays « sans filet de sécurité », exposé aux règles de base de l'Organisation mondiale du commerce, comprenant notamment des barrières douanières.

Mme May répète quant à elle que « mieux vaut pas d'accord qu'un mauvais accord ».

Mais la fédération de l'industrie britannique (EEF) a jugé lundi « inacceptable » ce scénario, alors que l'UE représente la moitié des échanges britanniques. « La perte de l'accès au marché unique et à l'union douanière condamnerait le secteur de l'industrie à un Brexit douloureux et coûteux », a souligné l'EEF.

« Fenêtre de tir »

Nicola Sturgeon s'est aussi saisie de la décision de Mme May de quitter le marché unique pour revendiquer un nouveau référendum d'indépendance deux ans après celui de septembre 2014, alors que 62 % des Écossais ont voté pour rester dans l'UE. Selon elle, ce Brexit dur menace des dizaines de milliers d'emplois écossais.

Faisant état d'une « rencontre cordiale » avec Theresa May, la dirigeante écossaise a indiqué que le tête-à-tête n'avait permis aucune avancée notable. Elle a ajouté n'avoir reçu aucune proposition de transfert de nouveaux pouvoirs vers Édimbourg pour tenter de la convaincre de renoncer à son projet de référendum.

Mardi, le Parlement écossais devrait voter sans problème la motion l'autorisant à réclamer à Londres ce nouveau référendum.

Theresa May est face à un autre casse-tête en Irlande du Nord, où les républicains du Sinn Féin et les unionistes du DUP ont échoué à trouver un accord sur une coalition gouvernementale.

Le ministre britannique chargé de l'Irlande du Nord, James Brokenshire, a enjoint aux différentes parties de poursuivre leurs négociations.

« Il y a une petite fenêtre de tir de quelques courtes semaines », a-t-il dit, laissant ainsi une dernière chance aux deux partis avant de décréter un retour au « direct rule », l'administration de la province directement depuis Londres.




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