Sans l'euro, «la France serait seule face au reste du monde»

«L'euro protège donc le pouvoir d'achat des Français,... (Photo Balint Porneczi, Bloomberg)

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«L'euro protège donc le pouvoir d'achat des Français, et d'abord celui des plus défavorisés», a dit le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau.

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Agence France-Presse
RENNES, France

À la veille de la célébration du 60e anniversaire du traité de Rome, le gouverneur de la Banque de France a estimé que, sans l'euro, la France serait isolée, dans une interview samedi au quotidien Ouest-France.

«Avec l'euro, la France et ses voisins ont construit une souveraineté européenne. C'est un grand acquis pour peser face à l'Amérique de M. Trump ou à la Chine. Si elle n'avait pas l'euro, la France serait seule face à la spéculation des marchés financiers et face au reste du monde», déclare François Villeroy de Galhau.

«Notre monnaie a apporté trois grands bénéfices pratiques: des prix qui augmentent moins; des taux d'intérêt plus bas sur nos emprunts; et une monnaie reconnue internationalement», souligne le gouverneur de la Banque de France qui poursuit: «L'euro protège donc le pouvoir d'achat des Français, et d'abord celui des plus défavorisés. Il protège aussi la valeur de leur épargne: une dévaluation de notre monnaie serait une dévalorisation de notre patrimoine».

Interrogé sur l'impact qu'aurait sur la dette publique un retour au Franc, M. Villeroy de Galhau a assuré: «Les taux bas ont fait gagner entre 30 et 60 milliards d'euros d'intérêt par an. Sans l'euro, à terme, les intérêts de la dette publique seraient donc chaque année majorés d'autant. 30 milliards, c'est le budget de la Défense; 60 milliards, c'est presque celui de l'Éducation nationale».

«L'euro, c'est l'unité et la paix. Cette force n'a malheureusement rien perdu de son actualité dans le monde très incertain de 2017», affirme encore le gouverneur, avant de tracer quelques pistes: «L'Europe devrait concentrer son énergie sur quelques projets: par exemple, la Défense, la transition énergétique, un Erasmus Pro pour les jeunes moins qualifiés. Il faut bien sûr faire mieux, mais partons de ce que nous avons déjà réussi: notre monnaie, l'euro», conclut-il.




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