France : un ministre démissionne après des révélations embarrassantes

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Le départ de Bruno Le Roux porte à cinq le nombre de ministres contraints de démissionner à la suite de révélations compromettantes depuis l'arrivée de François Hollande au palais présidentiel de l'Elysée en mai 2012.

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Agence France-Presse
Paris

Le ministre français de l'Intérieur Bruno Le Roux a présenté sa démission éclair mardi, au lendemain de révélations sur des emplois parlementaires octroyés à ses filles, dans un contexte politique marqué par les affaires qui empoisonnent la campagne de la présidentielle.

«La responsabilité qu'impose la lutte quotidienne contre le terrorisme et contre la délinquance  (...) implique de ne prêter le flanc à aucune accusation», a dit le ministre socialiste, tout en défendant son «honnêteté».

Le nom de son remplaçant, Matthias Fekl, 39 ans, actuellement secrétaire d'État au Commerce extérieur, a été annoncé dans la foulée.

M. Le Roux, qui avait été nommé en décembre dernier à ce poste sensible, a présenté sa démission «afin de fournir toutes les précisions utiles à l'établissement de la vérité, dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte par le parquet financier», a précisé la présidence de la République dans un communiqué.

Le parquet national financier avait annoncé quelques heures plus tôt l'ouverture de cette enquête préliminaire liée aux révélations de la chaîne privée TMC sur les emplois parlementaires octroyés par Bruno Le Roux à ses deux filles adolescentes quand il était député.

Selon TMC, le ministre a salarié ses filles en contrat court alors qu'elles étaient lycéennes puis étudiantes, entre 2009 et 2016, pour un montant total de quelque 55 000 euros. Elles n'avaient, lors des premiers contrats, que 15-16 ans.

M. Le Roux a assuré mardi que ces contrats «ponctuels et officiels (...) correspondaient tous bien sûr à des travaux effectivement réalisés», dans une allusion claire aux soupçons d'emplois fictifs qui ont valu au candidat conservateur François Fillon d'être inculpé pour détournement de fonds publics la semaine dernière.

M. Fillon s'était engagé à se retirer de la course présidentielle en cas d'inculpation mais a décidé de se maintenir en dénonçant un complot et un «assassinat politique».

Le candidat de la droite est suspecté d'avoir salarié son épouse Penelope et deux de ses enfants pour des emplois présumés fictifs d'assistants parlementaires, sur plusieurs années et pour des centaines de milliers d'euros.

La candidate de l'extrême droite Marine Le Pen est également visée par des enquêtes sur des emplois fictifs présumés au parlement européen et sur des irrégularités de financement des campagnes électorales de son parti, Le Front National.

«Exemplarité» 

«Lorsqu'on est attaché à l'autorité de l'État, on est impeccable face aux institutions et aux règles qui les régissent», a souligné mardi le premier ministre Bernard Cazeneuve avant de recevoir M. Le Roux.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault s'est pour sa part dit «pour l'exemplarité et la transparence. «Tout le monde doit être traité à la même enseigne quel qu'il soit, connu ou moins connu», a-t-il ajouté.

Vieux routier du parti socialiste, Bruno Le Roux a été élu député en 1997, puis réélu jusqu'à son entrée au sein du gouvernement, à un poste clé dans un pays sous une menace terroriste élevée.

Dans le reportage diffusé lundi, il reconnaît l'embauche ponctuelle de ses filles alors qu'il était député, «sur des étés, notamment, ou des périodes de vacances scolaires». Mais il s'est défendu d'un «amalgame» avec l'affaire Fillon qui a parasité le débat électoral pour la présidentielle prévue les 27 avril et 7 mai. Réagissant fin janvier aux révélations visant le candidat de la droite, il avait dénoncé «les turpitudes de François Fillon».

Le départ de M. Le Roux porte à cinq le nombre de ministres contraints de démissionner à la suite de révélations compromettantes depuis l'arrivée de François Hollande au palais présidentiel de l'Elysée en mai 2012. La «République exemplaire» promise par le président Hollande avant son élection a connu son plus sérieux accroc début 2013 lorsque son ministre du Budget Jérôme Cahuzac avait été pris dans un scandale de fraude fiscale et blanchiment, poussé au départ puis condamné en décembre dernier à trois ans de prison.




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