François Fillon vante son programme avant de voir les juges

Les démêlés judiciaires de François Fillon ont tellement polarisé la... (Photo Philippe Wojazer, REUTERS)

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Les démêlés judiciaires de François Fillon ont tellement polarisé la campagne que les autres candidats se sont plaints de voir le débat politique confisqué.

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Marie WOLFROM
Agence France-Presse
PARIS

Le candidat de la droite à la présidentielle, François Fillon, a défendu lundi son programme, espérant faire passer au second plan sa convocation mercredi chez les juges et des révélations sur des costumes de luxe offerts par un ami.

Empêtré depuis plusieurs semaines dans les soupçons d'emplois fictifs de son épouse et de deux de ses enfants comme collaborateurs parlementaires qui risquent de conduire à son inculpation, le candidat a promis lundi un « code de bonne conduite ». Il s'agirait notamment de prévenir les conflits d'intérêts au gouvernement et d'instaurer la publication « obligatoire » des liens de parenté entre les parlementaires et leurs collaborateurs.

Dernier épisode d'un feuilleton qui a polarisé la campagne électorale, le Journal du Dimanche a révélé que ses factures de plusieurs milliers d'euros chez un tailleur parisien du groupe de luxe Berluti (LVMH) avaient été réglées par un homme d'affaires à l'identité non révélée.

« Chasse à l'homme », a contre-attaqué, M. Fillon qui s'en est pris aux journalistes qui « fouillent dans "ses" poubelles ».

« On a quand même encore le droit de recevoir des cadeaux dans cette société », a-t-il ajouté, excédé, dans un entretien radio à l'origine programmé pour parler de son « projet de croissance » destiné à « redresser le pays », grâce à des mesures favorables aux entreprises et à des économies dans les dépenses publiques.

À propos de sa prochaine convocation chez les juges, M. Fillon a répondu: « On ne peut pas dire que je m'y rende avec plaisir. Depuis le début je ne suis pas traité comme un justiciable comme les autres ».

L'enquête ouverte pour « détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et/ou recel, trafic d'influence, manquements aux obligations de déclaration » de patrimoine concerne notamment les centaines de milliers d'euros de salaires versés sur des deniers publics, à sa femme et deux de ses enfants pour des emplois d'assistants parlementaires. Son épouse Penelope, 62 ans, est convoquée chez les juges le 28 mars.

Alors que cette affaire pourrait, comme il l'a lui-même reconnu, conduire à son inculpation, M. Fillon, 63 ans, reste déterminé à mener bataille « pour la victoire ». Il est pour l'heure devancé par la patronne de l'extrême droite Marine Le Pen et le centriste Emmanuel Macron, tous deux donnés en tête du premier tour le 23 avril - et donc en duel au second tour le 7 mai.

Ses démêlés judiciaires ont tellement polarisé la campagne que les autres candidats se sont plaints de voir le débat politique confisqué.

« Boules puantes »

L'affaire est partie d'un article de l'hebdomadaire Canard enchaîné. Le 25 janvier, le journal révèle que M. Fillon a employé sa femme Penelope comme assistante parlementaire lorsqu'il était député. Et que cette dernière a reçu quelque 500 000 euros bruts entre 1998 et 2007.

Sur le papier rien d'illégal, de nombreux parlementaires français employant des proches. Mais Penelope Fillon, qui s'était toujours décrite comme une femme au foyer éloignée de la politique, a-t-elle fourni un vrai travail ?

Le Canard enchaîné révèle aussi qu'elle aurait aussi reçu un salaire mensuel de 5000 euros bruts de mai 2012 à décembre 2013, versé par un magazine, la Revue des deux mondes, propriété d'un riche homme d'affaires proche de son mari, Marc Ladreit de Lacharrière.

« Boules puantes », réagit alors le candidat de la droite, pour lequel sa femme a occupé un emploi « légal » et « réel ».

Le parquet national financier (PNF) a enchaîné auditions et perquisitions, jusqu'au sein de l'Assemblée nationale avant de saisir deux juges d'instruction.

Il revient à ces derniers de signifier mercredi à François Fillon si des indices graves le mettent en cause, auquel cas il sera inculpé. Si les charges sont moins lourdes, il pourrait être placé sous le statut plus favorable de « témoin assisté ».

Le candidat de la droite a réaffirmé lundi qu'une inculpation ne changerait rien à sa campagne, après avoir un temps promis de jeter l'éponge dans ce cas de figure. « Je ne vais pas déferrer aux ordres de ceux qui instrumentalisent la justice en renonçant à ma candidature », a-t-il argumenté. Pour lui c'est au suffrage universel de trancher.




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