France : la droite réitère «à l'unanimité son soutien» à François Fillon

François Fillon, lors d'un vaste rassemblement dimanche.... (Photo GEOFFROY VAN DER HASSELT, AFP)

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François Fillon, lors d'un vaste rassemblement dimanche.

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Deborah CLAUDE
Agence France-Presse
Paris

Le conservateur François Fillon, en chute libre dans les sondages à cause de soupçons d'emplois fictifs, est parvenu lundi à convaincre son camp qu'il n'y avait pas d'autre option que sa candidature à la présidentielle en France, après plusieurs tentatives de le faire renoncer à sept semaines du scrutin.

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À l'issue d'une réunion de crise au siège du parti Les Républicains, le comité politique a réitéré «à l'unanimité son soutien» à M. Fillon.

Photo GABRIEL BOUYS, AFP

À l'issue d'une réunion de crise au siège du parti Les Républicains, le comité politique a réitéré «à l'unanimité son soutien» à M. Fillon malgré le scandale des emplois présumés fictifs de son épouse Penelope et de deux de ses enfants, salariés en tant qu'assistants parlementaires pendant plusieurs années.

«Les Républicains sont rassemblés et déterminés autour de François Fillon», a déclaré le président du Sénat Gerard Larcher, à l'issue de cette réunion destinée à «évaluer la situation» dans une campagne électorale totalement parasitée par ce feuilleton judiciaire qui risque de déboucher sur une inculpation du candidat.

M. Fillon, 63 ans, a pour sa part appelé «tous les hommes et femmes de bonne volonté à se rassembler» autour de lui.  «Je prendrai des initiatives sur la constitution d'une équipe qui fasse appel à tous les talents», a-t-il promis.

«Nous avons perdu trop de temps en discussions vaines, laissant le champ libre à l'extrême droite et aux candidats de la gauche qui se frottent les mains en contemplant notre désunion», a-t-il affirmé, selon le texte de sa déclaration communiqué à la presse.

Les enquêtes d'opinion le donnent désormais éliminé dès le premier tour du 23 avril, avec un second tour entre la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen et le centriste Emmanuel Macron.

Jusqu'à la dernière minute, les proches de l'ancien président Nicolas Sarkozy ont tout fait pour le convaincre de «prendre ses responsabilités et de se choisir lui-même un successeur».

En vain. Conforté par un grand rassemblement populaire organisé dimanche à Paris, l'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy a répété devant l'état-major de son parti que sa candidature était «la seule légitime». Dimanche il avait déjà affirmé que «personne ne pouvait l'empêcher d'être candidat».

«Quel gâchis!»

Pressé par une partie de son camp de se présenter pour sauver la campagne, Alain Juppé, finaliste malheureux de la primaire de la droite organisée fin 2016, a renoncé lundi à servir de recours, tout en étrillant au passage l»obstination» de son ancien rival.

«Quel gâchis! François Fillon avait un boulevard devant lui», a lâché lundi Alain Juppé, annonçant que faute de rassemblement derrière lui, il ne se porterait pas candidat.

«Le déclenchement des investigations de la justice à son encontre et son système de défense fondé sur la dénonciation d'un prétendu complot (...) l'ont conduit dans une impasse», a-t-il déploré.

Seule concession, M. Fillon a accepté de rencontrer Nicolas Sarkozy et Alain Juppé pour discuter de la situation, selon des participants au comité politique. «Mais il faut que ce soit vite. On ne va pas laisser le feuilleton durer éternellement», a-t-il dit.

Sortant d'un long silence, M. Sarkozy avait proposé cette réunion lundi matin : «face à la gravité de la situation (...) chacun a le devoir de tout faire pour préserver l'unité», a-t-il déclaré dans un communiqué, appelant à «trouver une voie digne et crédible à une situation qui ne peut plus durer».

Plus de 300 élus de la droite ont d'ores et déjà abandonné François Fillon, dont son directeur de cabinet et son porte-parole.

Jean-Christophe Lagarde, président du parti centriste UDI, qui a lui aussi claqué la porte, avait pour sa part estimé dans la matinée que la droite devait «changer de candidat pour avoir une chance de gagner» car François Fillon ne «rassemble plus personne».

«Jamais sous la Ve République, une élection présidentielle ne s'était présentée de façon aussi confuse», avec une gauche «déboussolée», une extrême droite qui «en rajoute dans le fanatisme antieuropéen» et la popularité croissante d'Emmanuel Macron, malgré son «immaturité politique» et la «faiblesse» de son projet, a analysé lundi M. Juppé.

Le climat délétère a poussé le président François Hollande à sortir de sa réserve pour mettre en garde contre la «menace» d'une victoire de Marine Le Pen à la présidentielle. «Il faut sortir de cette stratégie de la peur», a rétorqué Marine Le Pen.




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