Affaire Fillon: des juges d'instruction vont enquêter

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Le candidat de la droite à la présidentielle française, François Fillon

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Sophie DEVILLER, Andrea BAMBINO
Agence France-Presse
Paris

À deux mois de la présidentielle française, trois juges d'instruction ont été désignés pour enquêter sur les soupçons d'emplois fictifs visant la famille de François Fillon, ce qui pourrait encore fragiliser le candidat de la droite, sous pression depuis un mois.

Le parquet national financier (PNF) a annoncé dans la soirée avoir ouvert vendredi une information judiciaire pour «détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d'influence et manquements aux obligations de déclaration à la Haute Autorité sur la transparence de la vie publique».

«Trois juges ont été désignés», a précisé une source judiciaire à l'AFP.

Ces magistrats ont désormais la possibilité de convoquer le candidat à l'Élysée à tout moment en vue d'une éventuelle mise en examen ou d'un placement sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

En rassemblement en banlieue parisienne vendredi, l'ex-premier ministre n'a pas directement réagi dans l'immédiat à ce nouveau rebondissement.

Mais les avocats de François et Penelope Fillon ont déclaré dans un communiqué ne pas douter que leur innocence «sera enfin reconnue» par «des juges indépendants».

Les époux sont dans la tourmente depuis des révélations de presse il y a un mois sur de présumés emplois fictifs de Penelope Fillon comme assistante parlementaire de son mari et du suppléant de ce dernier, Marc Joulaud, notamment.

M. Fillon a été fragilisé par cette affaire qui l'a fait reculer dans les sondages pour le premier tour du scrutin le 23 avril, parfois à la troisième place, derrière la candidate de l'extrême droite Marine Le Pen et le centriste Emmanuel Macron.

Il a exclu la semaine dernière de se retirer de la course en cas de mise en examen, revenant ainsi sur de premières déclarations.

«Mon retrait poserait un problème démocratique majeur. La locomotive est lancée, rien ne peut l'arrêter, j'irai jusqu'au bout», avait-il dit, s'en remettant «au seul jugement du suffrage universel».

Risque de prescription

Marine Le Pen, elle-même visée par une enquête sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants au Parlement européen, refuse de son côté de se rendre à toute convocation pendant la campagne, «cette période ne permettant ni la neutralité ni la sérénité nécessaire au fonctionnement correct de la justice». Convoquée mercredi par les enquêteurs, la présidente du FN ne s'est pas déplacée.

Au coeur de l'affaire qui embarrasse le candidat de la droite, les postes d'assistante parlementaire de Penelope Fillon rétribués 680 380 euros net (941 660 $) sur environ quinze années, entre 1986 à 2013.

L'enquête porte également sur les activités de la discrète Galloise à La Revue des deux mondes, pour lesquelles elle a perçu environ 100 000 euros brut (138 400 $) entre mai 2012 et décembre 2013 et dont le propriétaire, l'homme d'affaires Marc Ladreit de Lacharrière, est un proche du candidat.

Autre sujet d'investigation, les emplois d'assistants parlementaires de deux enfants du couple, Charles et Marie, auprès de leur père quand il était sénateur (2005-2007).

Le PNF avait ouvert le 25 janvier une enquête préliminaire confiée à l'Office anticorruption de la police judiciaire (Oclciff).

En un mois, les enquêteurs ont enchaîné les auditions des principaux acteurs de l'affaire, notamment les époux Fillon et leurs deux enfants, plusieurs anciens collaborateurs du député, Marc Ladreit de Lacharrière et le directeur à l'époque de la Revue des deux mondes, Michel Crépu. Une perquisition a été menée à l'Assemblée nationale et le Sénat a transmis des documents.

L'ouverture de cette information judiciaire est intervenue alors qu'une loi sur la réforme de la prescription en matière pénale doit entrer en vigueur la semaine prochaine.

Cette loi faisait courir un risque de prescription sur certains des faits visés par l'enquête. C'est pourquoi le PNF justifie l'ouverture de cette instruction par «l'ancienneté d'une partie des faits concernés» et «l'exigence de la mise en oeuvre de l'action publique».




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