France: des milliers de manifestants contre les violences policières

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Environ 2300 personnes personnes se sont rassemblées à Paris plus de deux semaines après l'agression de Théo, jeune homme noir victime d'un viol présumé lors de son interpellation voici plus de deux semaines.

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Agence France-Presse
PARIS

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi en France à l'appel notamment d'associations antiracistes et de syndicats pour protester contre les violences policières, donnant lieu à quelques incidents à l'issue du rassemblement parisien.

Quelque 2300 personnes selon la police, 4000 à 5000 selon les organisateurs, se sont rassemblées à Paris plus de deux semaines après l'agression de Théo, jeune homme noir victime d'un viol présumé lors de son interpellation voici plus de deux semaines.

Quelques incidents se sont produits à l'issue du rassemblement, qui avait été déclaré auprès des autorités par les organisateurs, dont des associations antiracistes, syndicats, organisations lycéennes et étudiantes. Le Syndicat de la Magistrature s'y est également associé.

Un groupe de quelques centaines de personnes a «testé les barrages des forces de l'ordre», a indiqué une source policière. Puis, après avoir essuyé des jets de divers projectiles (bâtons de bois, canettes, pavés), les forces de l'ordre ont riposté avec charges et tirs de gaz lacrymogènes en fin d'après-midi.

Deux policiers ont été légèrement blessés, selon une source policière.

Mercredi et jeudi, deux rassemblements non déclarés avaient donné lieu à des heurts et dégradations à Paris et Bobigny, banlieue populaire au nord-est de la capitale.

Parmi les slogans, on pouvait entendre samedi: «On n'oublie pas, on pardonne pas !», «Police partout, justice nulle part», «C'est l'impunité et l'injustice, alors désarmons la police !».

Plusieurs élus ont pris part au rassemblement. Le candidat de la gauche radicale à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon y a également participé, comme le joueur de soccer champion du monde 1998 Lilian Thuram.

«L'affaire Théo n'est pas qu'un fait divers, c'est un problème structurel de violences policières que la France doit avoir la maturité de traiter», a déclaré à l'AFP le président de SOS Racisme, Dominique Sopo.

D'autres manifestations ont réuni quelques centaines de personnes dans plusieurs villes du pays, comme à Nice (sud-est), Montpellier (sud) et Dijon (centre-est), où des incidents se sont produits. Vendredi soir, une centaine de personnes avaient également défilé à Marseille (sud-est).

Théo, un jeune homme noir de 22 ans, a quitté l'hôpital jeudi, deux semaines après son viol présumé avec une matraque lors d'une interpellation brutale le 2 février à Aulnay-Sous-Bois, près de Paris. Quatre policiers ont été mis en examen (inculpés), dont un pour viol, dans cette affaire qui a pris une tournure politique.

La candidate d'extrême droite à la présidentielle, Marine Le Pen, avait demandé samedi matin l'interdiction des manifestations contre les violences policières prévues dans l'après-midi, en fustigeant la «complaisance» des autorités face aux «milices d'extrême gauche ultraviolentes».




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