Paris avertit Moscou qu'il «n'acceptera aucune ingérence» dans ses élections

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Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault

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Agence France-Presse
Paris

La France «n'acceptera aucune ingérence dans son processus électoral», sous forme de cyberattaques ou de diffusion de fausses informations, venant notamment de Russie, a prévenu mercredi le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault.

Un peu plus tôt, le président François Hollande s'était inquiété du risque de cyberattaques à l'occasion de l'élection présidentielle et avait réclamé que «les mesures spécifiques de vigilance et de protection, y compris dans le domaine cyber» lui soient présentées.

Cet état des lieux, demandé mercredi lors d'un Conseil de défense et de sécurité nationale, doit lui être communiqué «pour le prochain Conseil» le 24 février, à deux mois du premier tour du scrutin le 23 avril. Le deuxième tour est prévu le 7 mai.

Lundi, un proche du candidat centriste à la présidentielle Emmanuel Macron avait appelé les «plus hautes autorités de l'État» à «garantir qu'il n'y aura pas d'ingérence d'une puissance étrangère dans (la) vie démocratique» française.

Pointant du doigt la Russie, déjà suspectée d'interférences dans l'élection présidentielle américaine, Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement de M. Macron, a dénoncé des «fausses nouvelles» et «rumeurs» et fait état de «centaines, voire de milliers d'attaques» sur les système informatique, base de données et site du mouvement.

Réplique du Kremlin: ces accusations d'ingérence sont «absurdes». «Nous n'avons pas et nous n'avons jamais eu l'intention de gêner les affaires intérieures d'un pays, encore moins son processus électoral», a assuré la présidence russe.

«Nous n'accepterons pas quelque ingérence que ce soit dans notre processus électoral, pas plus de la Russie que de tout autre État. Il en va de notre démocratie, de notre souveraineté, de notre indépendance nationale», a martelé mercredi le chef de la diplomatie française à l'Assemblée nationale.

«Après ce qui s'est passé aux États-Unis, c'est notre responsabilité de prendre toutes les mesures pour que l'intégrité de notre processus démocratique soit pleinement respectée», a déclaré Jean-Marc Ayrault.

«Il faut faire clairement connaître les limites à ceux qui seraient tentés de porter atteinte à ce principe de la non-ingérence, y compris en prenant des mesures de rétorsion quand c'est nécessaire. Aucun État étranger ne peut influencer le choix des Français, ne peut choisir le futur président de la République», a prévenu le ministre.

Pour des experts, aux États-Unis comme en France, la sécurité informatique des partis politiques représente le maillon faible des élections.

L'Agence française de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) a d'ailleurs réuni en octobre les représentants des principaux partis pour les alerter sur le risque numérique.

En décembre, son directeur Guillaume Poupart avait mis en garde contre «des attaques numériques pour faire de la politique, dont le but est d'influencer» l'opinion.




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