Merkel, cible des critiques au lendemain de l'attentat de Berlin

La chancelière allemande et son ministre de l'Intérieur... (photo Maurizio Gambarini, dpa/associated press)

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La chancelière allemande et son ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière (en arrière-plan à droite) arrivent au marché de Noël de Berlin pour rendre hommage aux victimes de l'attentat, le 20 décembre.

photo Maurizio Gambarini, dpa/associated press

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Yacine LE FORESTIER
Agence France-Presse
BERLIN

L'attentat du marché de Noël de Berlin risque de constituer un nouveau coup dur pour Angela Merkel, régulièrement attaquée sur sa politique d'immigration généreuse, au moment où elle commençait à remonter la pente dans l'opinion.

Alors que la plus grande confusion régnait mardi sur l'auteur de l'attaque au camion-bélier, qui a fait la veille 12 morts et une cinquantaine de blessés en fonçant sur la foule des badauds, les critiques ont commencé à fuser.

La droite populiste allemande, à la pointe de la dénonciation des réfugiés dans le pays, a sans attendre mis en cause la chancelière.

« Les morts de Merkel »

« Ce sont les morts de Merkel ! », a dénoncé l'un des responsables du mouvement Alternative pour l'Allemagne (AfD), Marcus Pretzell, sur son compte Twitter.

« L'Allemagne n'est plus sûre » face « au terrorisme de l'islamisme radical », lui a fait écho la figure de proue de l'AfD, Frauke Petry, en mettant en cause la décision de la chancelière allemande d'ouvrir les portes du pays aux migrants et aux demandeurs d'asile à l'été 2015.

La menace islamiste « a été importée de manière systématique et irresponsable au cours de l'année et demie écoulée », a-t-elle dénoncé.

Les autorités, après avoir parlé d'un suspect demandeur d'asile pakistanais, ont fait machine arrière mardi en indiquant qu'il n'était finalement sans doute pas le conducteur du camion. L'auteur des faits lui court probablement toujours.

Les critiques ne se limitent pas à la droite populiste. Le carnage de Berlin a réveillé celles des Bavarois de la CSU, alliés conservateurs d'Angela Merkel qui depuis plus d'un an réclament, sans résultat jusqu'ici, qu'un plafond annuel soit fixé sur le nombre de demandeurs d'asile autorisés à entrer en Allemagne.

« Nous devons à présent nous interroger sur les risques que l'arrivée d'un grand nombre de réfugiés dans le pays suscite pour nous », a averti le ministre de l'Intérieur de Bavière, Joachim Herrmann.

L'opinion ne peut accepter « que l'on continue avec une situation où nous avons des risques accrus d'attentats provenant de personnes inspirées par l'islamisme radical », a-t-il encore dénoncé.

Le drame du marché de Noël de Berlin, dont les circonstances rappellent fortement l'attentat au camion de Nice en France le 14 juillet, ayant fait 86 morts et des centaines de blessés, survient à un moment où la chancelière avait commencé à regagner une partie du terrain perdu depuis 16 mois dans une opinion inquiète de l'afflux de réfugiés.

Un 4e mandat ?

Après avoir vu sa popularité chuter en début d'année et son parti, la CDU, être puni dans plusieurs scrutins électoraux par la montée de l'AfD, Angela Merkel bénéficiait depuis quelques semaines d'une embellie dans les sondages.

Son parti était crédité dans les dernières enquêtes de jusqu'à 37 % des intentions de vote pour les prochaines élections législatives de 2017, après être descendu près des 30 %.

Mme Merkel a profité fin novembre de ce rebond pour annoncer qu'elle briguait un quatrième mandat de chancelière lors de ces élections qui se dérouleront probablement en septembre 2017, avant de se faire adouber lors du congrès de la CDU début décembre.

Elle a, à cette occasion, sensiblement durci son discours sur l'immigration, afin de donner des gages à ses électeurs. Elle a promis qu'une situation comme celle de l'automne 2015, où sont arrivés des centaines de milliers de demandeurs d'asile fuyant pour partie la guerre civile en Syrie, ne se reproduirait plus.

« Le principal risque pour elle est de savoir comment son propre parti va réagir », estime Christian Moelling, analyste de l'institut German Marshall Fund.

« Il est possible que l'aile dure des conservateurs allemands cherche à obtenir davantage de concessions de sa part sur les questions de sécurité et d'immigration », ajoute-t-il, surtout s'il s'avère que le probable attentat a été orchestré avec l'aide d'une organisation. « Dans ce cas, la politique de Merkel serait perçue comme ayant conduit au risque accru », estime l'analyste.

«Le combat contre le terrorisme ne doit pas entamer les valeurs» des démocraties 

Par AFP

PARIS - « Le combat sans merci contre le terrorisme ne doit entamer ni les valeurs ni le mode de vie » des démocraties, ont déclaré mardi lors d'un entretien téléphonique le président français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, selon un communiqué publié par la présidence française.

Au lendemain de l'attentat au camion-bélier qui a fait 12 morts sur un marché de Noël à Berlin, « le président de la République et la chancelière ont confirmé la pleine mobilisation des services de sécurité français et allemands pour lutter contre le fléau du terrorisme, et la mise en oeuvre des mesures décidées au niveau européen », selon ce communiqué.

« Ils ont convenu que ce combat sans merci contre le terrorisme ne devait entamer ni les valeurs ni le mode de vie que les démocraties ont choisis », poursuit-il.

Le président français, qui a appelé la chancelière, lui a exprimé à nouveau « sa plus profonde compassion, son amitié et la solidarité de la France tout entière ». « Les Français savent l'importance de ces marques de soutien durant les heures sombres du deuil », a-t-il souligné.

Le carnage provoqué lundi soir par un camion lancé contre la foule dans la capitale allemande a eu un retentissement tout particulier en France, le pays d'Europe le plus ciblé par les djihadistes depuis près de deux ans et qui vit sous le régime exceptionnel de l'état d'urgence.

Le dernier attentat de masse en France avait également été perpétré avec un poids lourd fonçant sur une foule rassemblée au soir de la fête nationale à Nice (sud-est). L'attaque, revendiquée par le groupe djihadiste État islamique (EI), avait fait 86 morts.




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