Un djihadiste reconnaît son implication dans l'attaque du Thalys

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Ayoub El Khazzani avait à l'époque livré une version rocambolesque, expliquant avoir voulu rançonner les voyageurs du Thalys, avec des armes trouvées par hasard dans un parc de Bruxelles.

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Nathalie ALONSO
Agence France-Presse
Paris

Près de 18 mois après l'attentat raté contre un Thalys, en août 2015, le tireur présumé Ayoub El Khazzani a reconnu pour la première fois son implication dans l'attaque djihadiste, tout en réfutant avoir voulu commettre un «massacre de masse».

Entendu pendant plus de cinq heures devant un juge d'instruction antiterroriste, ce Marocain de 27 ans est revenu sur son parcours jusqu'à cette journée du 21 août 2015 lorsque muni d'une kalachnikov et de neuf chargeurs pleins, il a ouvert le feu dans un Thalys Amsterdam-Paris, peu après son entrée en France, dans le Pas-de-Calais.

Il avait grièvement blessé un passager avant l'intervention de plusieurs voyageurs qui l'avaient maîtrisé, mettant ainsi en échec un potentiel carnage, sept mois après les attentats de janvier à l'Hyper cacher, Montrouge et Charlie Hebdo et trois mois avant ceux de Paris, le 13 novembre.

«Maintenant il assume, il prend ses responsabilités. Il explique que c'est en tant que djihadiste qu'il est monté dans ce Thalys (...) mais ce qu'il comptait faire savoir, c'est qu'il n'était pas là pour faire un massacre de masse et tuer n'importe qui (...) Pas du tout», a déclaré à la presse son avocate Sarah Mauger-Poliak à l'issue de l'audition.

Selon elle, Ayoub El Khazzani avait «une cible précise, déterminée». «Ce n'est pas un hasard s'il est monté en première classe», a-t-elle ajouté sans en dire plus.

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Ayoub El Khazzani

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Après les dénégations puis le silence, Ayoub El Khazzani entendait «revenir» sur ses premières déclarations en garde à vue, a justifié l'avocate.

Mis en examen pour «tentatives d'assassinats à caractère terroriste», Ayoub El Khazzani avait à l'époque livré une version rocambolesque, expliquant avoir voulu rançonner les voyageurs du Thalys, avec des armes trouvées par hasard dans un parc de Bruxelles où il dormait avec des sans-abri. Convoqué depuis devant le juge, il gardait le silence. Son avocate demandait à ce qu'il soit réentendu. 

Dans les pas d'Abaaoud 

Dans son nouveau récit, Ayoub El Khazzani affirme ne pas avoir «agi seul». «Il a retracé dans les grandes lignes son parcours de la Syrie, Turquie jusqu'en Europe. Avec (Abdelhamid) Abaaoud», l'un des commanditaires des attentats de Paris du 13 novembre, a expliqué Me Sarah Mauger-Poliak.

El Khazzani était signalé pour islamisme radical par les services de renseignements d'Espagne, où il a vécu plusieurs années. Il avait séjourné à Molenbeek-Saint-Jean, la commune bruxelloise d'où sont originaires plusieurs protagonistes de la cellule responsable des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis (130 morts), et de Bruxelles le 22 mars 2016 (32 morts), revendiqués par le groupe Etat islamique.

Il y a quelques semaines, une note des services de renseignement hongrois, révélée par le Centre d'analyse du terrorisme (CAT), a précisé les liens entre le tireur présumé et Abdelhamid Abaaoud, déjà mis en lumière par les enquêteurs français.

Selon cette note du TEK (services antiterroristes hongrois), dont a eu connaissance l'AFP, Abaaoud, de retour de Syrie, et El Khazzani sont arrivés à Budapest en Hongrie le 1er août en se mêlant aux migrants et ont séjourné dans le même hôtel. Le 4 août, Abaaoud est parti vers l'Autriche en voiture, et lendemain, El Khazzani, a pris la même direction, mais en train, selon la note.

El Khazzani «se définit comme un djihadiste, il le revendique, pas avec fierté», a affirmé son avocate, décrivant l'émotion et les larmes de son client au cours de l'audition. «Il a une position très compliquée et encore assez ambivalente». Le juge doit l'entendre à nouveau le 20 décembre.




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