La centrale de Tchernobyl sous un dôme de confinement

En forme d'arche, cette cloche de confinement présente... (photo Gleb Garanich, REUTERS)

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En forme d'arche, cette cloche de confinement présente une ossature métallique de 25 000 tonnes (36 000 tonnes avec les divers équipements prévus), de 108 mètres de haut et de 162 mètres de long.

photo Gleb Garanich, REUTERS

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Oleksandr SAVOCHENKO
Agence France-Presse
TCHERNOBYL

Le dôme de confinement financé par la communauté internationale a été mis en place mardi au-dessus du réacteur accidenté de la centrale nucléaire de Tchernobyl, un projet hors normes qui doit assurer la sécurité du site pour les 100 ans à venir.

« Beaucoup ont douté, beaucoup n'y croyaient pas. Je vous félicite les amis ! Yes ! Nous l'avons fait ! », a lancé le président ukrainien Petro Porochenko lors de la cérémonie d'inauguration.

« Le monde entier aujourd'hui peut voir ce que peuvent réaliser l'Ukraine et le monde lorsqu'ils s'unissent », a-t-il ajouté.

En forme d'arche, cette cloche de confinement présente une ossature métallique de 25 000 tonnes (36 000 tonnes avec les divers équipements prévus), de 108 mètres de haut et de 162 mètres de long.

« Ce qui revient à pouvoir couvrir le Stade de France ou la Statue de la Liberté », résume dans un communiqué Novarka, coentreprise des groupes français Bouygues et Vinci, qui a conçu et réalisé l'arche.

D'une durée de vie d'au moins 100 ans, selon les constructeurs, elle doit permettre de confiner les matières radioactives et la chape de béton existante. De plus, elle dispose d'équipements qui vont éventuellement permettre de procéder au démantèlement du vieux « sarcophage » soviétique, recouvrant le réacteur numéro 4, et le traitement des déchets radioactifs.

Opérationnelle fin 2017

« Nous avons célébré aujourd'hui à Tchernobyl la fin réussie de l'opération » de pose de l'arche, « une étape-clé avant l'aboutissement du programme international pour transformer Tchernobyl en un site sûr et sans danger pour l'environnement d'ici novembre 2017 », ont-ils ajouté.

L'arche ne sera en effet opérationnelle que fin 2017, le temps d'installer et mettre en service ses divers équipements.

Le 26 avril 1986, à 1 h 23, le réacteur numéro 4 explosait au cours d'un test de sûreté. Pendant dix jours, le combustible nucléaire a brûlé, rejetant dans l'atmosphère des éléments radioactifs qui ont contaminé, selon certaines estimations, jusqu'aux trois quarts de l'Europe, mais surtout la Russie, l'Ukraine et le Bélarus, alors républiques soviétiques.

En 206 jours, un « sarcophage », d'une ossature métallique de 7300 tonnes et composé de 400 000 mètres cubes de béton, a été construit par 90 000 personnes dans des conditions très difficiles, afin d'isoler le réacteur accidenté, raconte à l'AFP Anna Korolevska, directrice adjointe du musée de Tchernobyl à Kiev.

« Cela a été fait grâce aux efforts surhumains de milliers de gens ordinaires » (...) en tenue ordinaire d'ouvriers de construction », déclare-t-elle.

En quatre ans, quelque 600 000 Soviétiques, connus depuis sous le nom de « liquidateurs », ont travaillé sur les lieux de l'accident pour éteindre l'incendie, construire la chape de béton afin d'isoler le réacteur accidenté et nettoyer les territoires aux alentours.

Aujourd'hui, le bilan humain de la catastrophe fait toujours débat. Le comité scientifique de l'ONU (UNSCEAR) ne reconnaît officiellement qu'une trentaine de morts chez les opérateurs et pompiers tués par des radiations aiguës juste après l'explosion, mais selon certaines estimations le bilan se chiffre en milliers de morts.

Si la durée de vie du sarcophage avait initialement été prévue pour 20 à 30 ans, elle s'est avérée beaucoup plus courte. Dès 1999, il a fallu mener de premiers travaux de renforcement, puis à nouveau en 2001, 2005 et 2006.

« C'est une construction potentiellement dangereuse, qui représente une menace pour l'environnement et pour la population », déclare à l'AFP Sergui Paskevitch, de l'Institut des problèmes de sécurité des centrales nucléaires de l'Académie des sciences d'Ukraine.

La nouvelle arche doit pouvoir résister à un séisme pouvant atteindre une intensité maximale de 6 sur l'échelle de Mercalli (qui en compte 12).

Face au risque d'effondrement de l'ancien sarcophage, qui signifierait que des tonnes de magma hautement radioactif seraient à l'air libre, la communauté internationale a financé la construction de la nouvelle chape.

Un fonds géré par la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a été créé et les travaux de construction ont débuté en 2012. Selon la BERD, le coût de l'arche s'est élevé à 1,5 milliard d'euros (environ 2,1 milliards de dollars CAN). Mais le montant de tout le programme de confinement est estimé, lui, à 2,1 milliards d'euros (près de 3 milliards de dollars CAN).

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