Une adolescente britannique obtient le droit d'être cryogénisée

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Après avoir statué en faveur de l'adolescente souffrant d'un cancer en phase terminale, le juge Peter Jackson, de la Haute Cour de Londres, a expliqué avoir pris sa décision pour que soient respectés la volonté et les droits de la jeune fille, et non pour trancher sur la question de la cryogénisation.

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Edouard GUIHAIRE
Agence France-Presse

Une adolescente souffrant d'un cancer en phase terminale a remporté, peu avant sa mort, une victoire sans précédent devant la justice britannique : le droit d'être cryogénisée, dans l'espoir que la médecine du futur puisse la ressusciter et la soigner.

Prise en octobre par le juge Peter Jackson, de la Haute Cour de Londres, cette décision n'a été rendue publique que vendredi, conformément aux souhaits de la défunte, qui avait également demandé le respect de son anonymat.

Dans une lettre adressée au juge, la jeune Britannique, atteinte d'une forme rare de cancer, demandait à se voir accorder une chance de « vivre plus longtemps ».

« J'ai seulement 14 ans et je ne veux pas mourir mais je sais que je vais mourir », avait-elle écrit, selon le jugement publié par la Haute Cour et consulté par l'AFP.

« Je crois que le fait d'être cryoconservée me donne une chance d'être soignée et de me réveiller, même si c'est dans plusieurs centaines d'années ».

D'un point de vue juridique, l'affaire ne portait pas tant sur la cryogénisation que sur un différend familial, ses parents, divorcés n'étant pas du même avis sur la question.

L'opposition venait du père de l'adolescente, avec qui elle était en conflit depuis plusieurs années et qui avait exprimé des craintes quant au coût (43 000 euros, selon le Times / environ 61 675 dollars canadiens) et aux conséquences potentielles du projet.

« Même si le traitement réussit et qu'elle est ramenée à la vie dans, disons, 200 ans, elle pourrait n'avoir aucun proche autour d'elle et ne se souvenir de rien », avait-il dit au juge.

« Elle pourrait se retrouver dans une situation désespérée, elle n'aura toujours que 14 ans », avait-il ajouté, avant finalement d'évoluer vers une position plus proche des aspirations de sa fille.

Mon juge, ce « héros »

En raison de son état, la jeune fille n'avait pu assister à l'audience. Mais « quand la décision lui a été communiquée, le 6 octobre, elle était ravie », a déclaré son avocate, Zoe Fleetwood sur la BBC.

« Elle voulait voir le juge, qui lui a rendu visite le jour suivant. Nous en avons discuté après leur rencontre et elle en parlait comme de ''Monsieur le héros Peter Jackson'' ».

Dans sa requête, l'adolescente demandait à la justice de donner à sa mère tous pouvoirs pour prendre les dispositions relatives à sa dépouille.

Après avoir statué en sa faveur, le juge Jackson a expliqué avoir pris sa décision pour que soient respectés la volonté et les droits de la jeune fille, et non pour trancher sur la question de la cryogénisation.

« Ce n'est pas surprenant que cette requête soit la seule dans son genre devant les tribunaux de ce pays, et probablement ailleurs » dans le monde, a-t-il également déclaré.

« C'est un exemple des nouvelles questions que la science pose à la loi », a-t-il souligné, en saluant le « courage » dont l'adolescente avait preuve face à l'épreuve qu'elle vivait.

Réveil non garanti

Le corps de la jeune fille, qui s'est éteinte le 17 octobre, avait été transféré quelques jours plus tard aux États-Unis dans un établissement spécialisé.

L'Institut de cryogénisation, une organisation à but non lucratif basée dans le Michigan proposant de cryogéniser et de conserver les corps, a indiqué avoir reçu la dépouille le 25 octobre.

À son arrivée, « la patiente a été placée dans une chambre de refroidissement contrôlée par ordinateur et destinée à refroidir l'azote liquide » dans lequel le corps est conservé, a-t-il expliqué dans un communiqué.

Cet institut a été créé en 1976 par celui qui a été surnommé le « père de la cryogénisation » : le professeur de physique américain Robert Ettinger, lui-même congelé après sa mort en 2011, à l'âge de 92 ans.

Ettinger a développé la thèse selon laquelle il pourrait être « possible de conserver les corps indéfiniment » de façon à ce qu'un jour « la science médicale puisse réparer les dégâts causés par la maladie et la cryogénisation ».

L'institut, qui compte une centaine de patients, prend soin de préciser qu'il ne peut garantir, imprévisibilité du futur oblige, le succès de la démarche.

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